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4 décembre, 2007

A Saint- Affrique, la résistance a encore payé .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 20:15

Hôpital . La population de cette petite ville du Sud-Aveyron est toujours sur le pied de guerre, bien déterminée à sauver « son hôpital ».

Aveyron,

correspondance particulière.

Dès mercredi, les 50 maires du bassin saint-affricain ont lancé un mouvement « mairie morte ». Jeudi, les médecins ont fermé leur cabinet pour se rendre à Rodez, où ils ont symboliquement remis leurs plaques professionnelles, aux côtés des maires qui eux ont rendu leur écharpe d’élus. Une manifestation était prévue pour le samedi suivant, et certains, comme le Dr Mania, envisageaient d’entreprendre une grève de la faim.

le ministère a fait machine arrière…

Mais heureusement, le ministère a fait machine arrière la veille de la manifestation, et Saint-Affrique reste le bastion de la résistance contre les assauts répétés d’une politique gouvernementale qui vise à faire disparaitre les hôpitaux de proximité. C’est la troisième fois de l’année que l’hôpital Émile-Borel en subit les effets.

Tout a commencé en juillet dernier : un article paru dans le Parisien évoquait une vague de « décès suspects », mettant en cause les compétences de l’équipe médicale. Le journaliste avait eu accès à des informations provenant d’une commission d’évaluation de l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH). Ces affirmations ont provoqué un soulèvement général, du côté des élus comme de la population. L’ARH a dû accepter de revoir les pièces versées au dossier. C’est ainsi que des erreurs grossières ont été décelées, l’obligeant à reconnaître qu’elle s’était bel et bien trompée. L’équipe médicale salie attend toujours le démenti promis par M. Gudicelli, l’expert en chef… Mais au début du mois d’août, l’essentiel semblait acquis : le service de chirurgie était sauvé.

Au mois de septembre, le député Alain Marc (UMP), et le maire de Saint-Affrique Alain Fauconnier (PS) ont été reçus par le cabinet de Roselyne Bachelot pour mettre au point un nouveau protocole. À l’issue de cette entrevue, les deux élus sud-aveyronnais sont rentrés au pays satisfaits.

Mais la joie fut de courte durée : un mois plus tard, une lettre de cadrage est arrivée sur le bureau du directeur de l’établissement. Elle devait officialiser les décisions prises oralement au mois de septembre. Mais une clause inattendue est apparue : la chirurgie était maintenue… Sauf la nuit, le week-end et les jours fériés. Consternation, incompréhension et colère : cette mesure allait à l’encontre des engagements pris quelques semaines auparavant et plaçait les médecins dans une situation absurde, et ingérable. Absurde, car l’équipe médicale est au complet 24 heures sur 24, 365 jours par an, pour assurer la sécurité de la maternité. Ingérable, car à 17 h 58, cette même équipe peut opérer. A 18 h 01 elle n’en a plus le droit. Le Dr Arnould, représentant des médecins généralistes du bassin saint-affricain, lors de la réunion publique d’informations ironise : « Choisissez bien vos heures d’appendicite ou de hernie… »

Plus sérieusement, cette clause est le point de départ d’un mécanisme qui met en jeu le pronostic vital de l’établissement. En effet, il entraîne irrémédiablement une baisse d’activité aggravée par la « fuite » de certains patients qui préféreront s’adresser « ailleurs », de peur de trouver un service fermé, ou de risquer un transfert sur un autre hôpital. Si la chirurgie est mise à mal, ce sera au tour de la maternité de succomber, suivie de près par les urgences, tout ça au nom d’un « pseudo-rationalisme budgétaire imbécile », ajoute le Dr Arnould. Et si l’hôpital Émile-Borel disparaît, environ 3 000 personnes se retrouveront à plus de trois quarts d’heure d’un hôpital, sans compter les difficultés de circulation sur des routes de campagne, notamment en période hivernale.

… MAIS la vigilance reste de mise

À Saint-Affrique, une bataille a été remportée mais la vigilance reste de mise, car l’on s’attend à ce que le gouvernement revienne à la charge. Le village des irréductibles défenseurs des hôpitaux de proximité, siège social de la Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité (1), se tient déjà prêt.

(1) www.touchepasàmonhosto.com

Audrey Barat

l’ Huma du 03 / 12 / 07

LE SMIC A 1500 Euros .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 18:53

Les exonérations de charges patronales : 23,8 milliards d’euros !

Mardi 04 Décembre 2007 -- 15:45

Le MEDEF veut, l’UMP fait : les cadeaux fiscaux offerts par la droite (UMP et UDF) au CAC40 en 2006 se montent à 23,8 milliards d’euros pendant ce temps là les prix flambent et les salaires stagnent. C’est cela la France de Sarkozy !

Les exonérations de charges patronales : 23,8 milliards d'euros !

 

Les exonérations de cotisations patronales ont atteint un nouveau sommet en 2006 : 23,8 milliards d’euros soit + 13,2 % par rapport à 2005 indique l’Acoss. Ces sommes représentent 9,4 % du total des cotisations dues aux Urssaf (et 19,4 % des seules cotisations patronales du secteur privé). Elles sont certes compensées à 90 % par l’Etat – c’est-à-dire par l’impôt – ce qui laisse tout de même un trou de 2,3 milliards à la Sécu. Ces exonérations ont été prises pour beaucoup dans le cadre de programmes « d’aide à l’emploi » qui se sont superposés au fil des ans. On y trouve, par exemple, la réduction dégressive des cotisations sur les bas salaires, l’exonération des cotisations patronales pour l’embauche d’un premier salarié , l’abattement en faveur de l’embauche à temps partiel …

En 2006, la Cour des comptes avait dressé un sévère bilan de ces exonérations et allègements accordées aux entreprises depuis 1993. Elle estimait que leur coût était passé de 3 milliards d’euros en 1993 à près de 20 milliars en 2006. Le chiffre de l’Acoss dépasse même ces prévisions. La Cour dénonçait également la superposition de mesures prises – 46 au total – sans étude d’impact, parfois sans même informer le ministère en charge de la Sécu et en proposait la limitation pour économiser de 7 à 10 milliards d’euros. Sans effet pour l’instant.

C H I M U L U S .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 18:41

les restos du coeur

lundi 3 décembre 2007 -- De : chimulus

Occupation de l’ANPE de Gennevilliers .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 17:46

AC ! - Agir ensemble contre le chômage



Accueil du site > 010. Actualités sociales > Occupation de l’ANPE de Gennevilliers (92) : salariés et usagers (…)

Occupation de l’ANPE de Gennevilliers (92) : salariés et usagers solidaires contre le démantèlement du service public de l’emploi

mardi 4 décembre 2007, par AC ! Ile de France, Autres mouvements


L’agence ANPE de Genneviliers (92), a été occupée au cours de la matinée du 4 décembre 2007, par des précaires, des chômeurs et des agents, solidaires contre le démantèlement du service public de l’emploi.

Diffusion de tracts aux agents de l’ANPE et aux précaires présents, discussion, interpellation de la direction déléguée, échange d’infos sur les projets et les mobilisations en cours, rédaction du communiqué ci-dessous : une matinée bien remplie…

COMMUNIQUE DE PRESSE AC IDF/CGT CHOMEURS/CGT ANPE 92
DU 04 DECEMBRE 2007

FUSION ASSEDIC/ANPE : salariés et usagers solidaires contre le démantèlement du service public de l’emploi.

Depuis 9H30 ce matin [du mardi 4/12/2007], l’ALE Gennevilliers est occupée par des chômeurs et précaires franciliens et des agents de l’ANPE.

Il s’agit pour nous de réaffirmer notre opposition commune à la fusion programmée des ASSEDIC et de l’ANPE, qui d’un côté va accentuer les pressions et les contrôles sur les demandeurs d’emploi , et de l’autre précariser les agents du service public.

Déjà, l’accueil physique a disparu dans les ASSEDIC, tandis qu’à l’ANPE, la mise en place du suivi mensuel personnalisé , loin d’améliorer le service rendu aux usagers a fait exploser le nombre de radiations.

Partout où le guichet unique ANPE/ ASSEDIC est déjà mis en place, les conséquences sont désastreuses : ainsi, à Bobigny (93) et Sucy en Brie (94), la procédure de radiation peut être lancée avant la fin de la procédure d’inscription depuis la signature de la convention de fonctionnement signée entre les deux hiérarchies locales.

Aujourd’hui, ni les usagers et leurs organisations, ni les agents ne sont informés du contenu du projet de fusion et des conséquences sur leur conditions de travail.

Mais ce qui est déjà certain, c’est que l’UNEDIC, et donc notamment le MEDEF va obtenir le pouvoir de sanctionner directement les demandeurs d’emploi. Il s’agit donc de la privatisation pure et simple du service public de l’emploi, de la fin du régime d’assurance chômage et de la remise en cause du droit à l’indemnisation.

Nous exigeons le retrait du projet de fusion et appelons l’ensemble des précaires, et des agents du service public de l’emploi à se mobiliser massivement notamment le 8 décembre , journée de manifestation nation contre le chômage et la précarité à l’initiative de l’ensemble des mouvements de chômeurs et précaires.

AC ! Ile de France http://www.ac.eu.org, acparis75@gmail.com, 09 57 70 66 22
CGT Chômeurs, cgtchomeur@cgt.fr 01.48.18.84.45 ou 0148188544
CGT Anpe 92, syndicat.cgt@anpe.fr, 01.53.36.33.13/14
APEIS, apeis_saintdenis@yahoo.fr, 01.55.84.41.50 / 65

- Voir aussi l’appel des boucs émissaires, diffusé lors de cette action
- et la rubrique Les révoltées de l’ANPE, qui regroupe des témoignages d’agents ou de prestataires ANPE

Code du travail et pouvoir d’achat : Sarkozy ou la précarisation sociale .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 17:18

Mis en ligne : 4 décembre

Sarkozy ne cesse de la répéter pour justifier la moindre des mesures commandées au gouvernement : « J’ai été élu pour faire ce que j’ai dit ». Le gouvernement Sarkozy serait ainsi celui de la parole tenue. Ce qui se passe prétendument au nom du pouvoir d’achat ou encore, à l’Assemblée nationale, sous le vocable de « recodification du Code du travail », sans qu’aucune véritable délibération publique n’ait eu lieu – incitent à penser exactement le contraire.

Le gouvernement Sarkozy est un gouvernement de la dissimulation qui habille sans cesse de bonnes intentions une entreprise systématique de précarisation sociale.

La recodification du Code du travail est présentée comme une opération « à droit constant », autrement dit elle ne changerait rien. Tout juste serait-elle censée simplifier l’usage du Code du travail. Décidément, du code du travail au nouveau traité européen, la simplification est à la mode…

Le problème, c’est que de très nombreux experts et syndicalistes alertent sur les conséquences des nouvelles interprétations qui pourraient être faites du nouveau texte au détriment de la protection des salariés. Et que, de surcroît, malgré ces alertes, le Parlement ratifie un texte qui n’aura été soumis à aucun débat véritablement contradictoire.

Or à un moment où l’insécurité sociale et la précarisation des parcours professionnels se répandent comme un cancer dans la société, l’enjeu est crucial. Si l’on ajoute aux conséquences imprévisibles de cette nouvelle rédaction la suppression de 63 conseils de prud’hommes, inscrite au programme de la nouvelle carte judiciaire, le signal d’alarme mérite d’être doublement tiré. Le gouvernement lui choisit le silence et cela s’appelle un mensonge délibéré par omission.

Pendant ce temps, Sarkozy et les siens continuent de pérorer sur la sécurisation des parcours professionnels. Plus le mensonge est gros…

Mais la palme de l’escroquerie revient sans nul doute à ce que le gouvernement baptise abusivement son plan « pouvoir d’achat ». Car non seulement l’Elysée et Matignon n’annoncent aucune mesure susceptible de relever un tant soit peu sérieusement le pouvoir d’achat des salariés, notamment celui des plus modestes, mais l’intégralité du dispositif qu’ils entendent rassembler dans une nouvelle loi vise à enfoncer un peu plus les protections collectives qui demeurent en matière de temps de travail et de rémunération des heures supplémentaires.

Pendant que sont relayées en boucle dans les grands médias les envolées de Fillon sur la « libération du travail », les propos du rapporteur UMP de la commission des Finances à l’Assemblée sont réservés eux aux initiés : « Les 35 heures visaient à limiter les heures supplémentaires, aujourd’hui au contraire on veut les favoriser pour contourner les 35 heures ». Difficile de dire les choses plus crûment.

En vérité, mis sous la pression par les grèves contre la réforme des régimes spéciaux, et les mobilisations des fonctionnaires, contraints d’ouvrir des négociations en élargissant leur champ, Sarkozy et son gouvernement tentent de contre-attaquer pour retourner l’avantage. Ils ne connaissent rien à la négociation. Leur politique consiste seulement à mener à bien par tous les moyens la guerre qu’ils ont déclarée au monde du travail.

Que ces moyens s’appellent rachat de RTT ou déblocage anticipé de la participation, les salariés n’ont pas fini de déjouer les marchés de dupes concoctés par le duo Sarkozy-Fillon et dans lesquels ils seront toujours les perdants. Dans cette bataille du pouvoir d’achat, il est un mot que la propagande gouvernementale s’emploie à totalement escamoter : « salaires ». Écoutez, lisez… Cela n’existe plus. Vous avez dit bizarre ?

 

LA RETRAITE :UN DROIT HUMAIN !

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 5:21

La retraite : un droit humain à garantir par une nouvelle répartition des richesses

Par : Commission retraités
Mis en ligne : 1er juin 2006

Une réforme en profondeur du système de retraite, de son financement, de sa gestion s’avère indispensable.

Sommaire

Sommaire Un droit humain à garantir
Répondre aux besoins et aux aspirations des retraités du 21e siècle.

Elle doit s’inscrire dans une refonte d’ensemble de la protection sociale, et dans la perspective d’une alternative politique ouvrant la voie à des changements réels et durables. Elle doit être fondée sur les valeurs qui ont été, voici soixante ans, à la base de la création de la Sécurité Sociale et de la généralisation du droit à la retraite :

- solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle
- égalité et universalité des droits ;
- gestion démocratique.

Elle doit viser à répondre aux besoins et aux aspirations des retraités dans une société en pleine évolution, et prendre notamment en compte dans toutes leurs dimensions les problèmes induits par l’évolution démographique, l’allongement de la formation initiale avant le premier emploi. Elle doit, en regard de ces besoins, défi nir des moyens de financement garantissant la pérennité du droit à la retraite.

La première étape incontournable de cette réforme est l’abrogation de la loi et des décrets Balladur de 1993, de la loi Fillon de 2003 et, conjointement, de la loi Douste-Blazy de 2004 portant sur la réforme de l’Assurance Maladie comme le proposent les parlementaires communistes.

Il faut rompre avec la logique qui a inspiré ces mesures dont les effets cumulés ont conduit :

- à la remise en cause des droits conquis au prix de nombreuses décennies de luttes sociales, rendant notamment de plus en plus virtuel le droit à la retraite à 60 ans ;
- à une forte régression du pouvoir d’achat des retraites s’inscrivant dans la durée ;
- à la rupture de la solidarité intergénérationnelle résultant en particulier de la dissociation entre l’évolution des retraites et pensions et celle des salaires et traitements ;
- à l’ouverture aux marchés fi nanciers du champ de la retraite comme de ceux de la santé et des prestations aux personnes âgées.

S’accompagnant de la dépossession des pouvoirs de gestion des représentants des salariés, ouvrant la voie à une extension de la fiscalisation des sources de financement et de l’Etatisation de la gestion, ces mesures se sont révélées incapables de répondre aux besoins de fi nancement et de garantir la pérennité des droits. L’exigence de leur abrogation doit naturellement s’accompagner de celle de la restitution des droits spoliés et de l’éradication de leurs eff ets pervers, y compris sur le long terme.

Rétablir, améliorer et pérenniser les droits des retraités

- Restauration du droit pour tous à la retraite pleine et entière à 60 ans avec 37,5 annuités validées
- Droit au départ anticipé à partir de 55 ans pour celles et ceux ayant commencé à travailler tôt, ainsi que pour celles et ceux ayant été astreints à des travaux pénibles. Les dispositions prises dans le cadre de la loi Fillon concernant les « carrières longues » donnent la possibilité de départ anticipé, mais seulement à partir de 56 ans, et dans des conditions très restrictives : exigence de 168 trimestres validés et pour partie, eff ectivement cotisés par l’intéressé.

L’ouverture du droit au départ anticipé en raison de la pénibilité du travail exercé fait l’objet de négociations avec le MEDEF mais celui-ci, ne veut pas jusqu’ici, reconnaître le droit à réparation pour les intéressés . Les répercussions des conditions de travail sur la santé et la durée de vie sont pourtant indéniables : l’espérance de vie à 60 ans pour un ouvrier est en moyenne inférieure de 7 ans à celle d’un cadre.

- Les années d’études et de formation à partir de 18 ans doivent être validées comme périodes assimilées et prises en compte pour le calcul des droits à la retraite.

La prolongation des études, la généralisation des emplois précaires, le chômage qui touche plus de 20% des jeunes, et l’accès tardif à un emploi stable qui en résulte se traduiront en fi n de carrière pour nombre d’entre eux par l’impossibilité d’atteindre 160 trimestres validés à 60 ans.

En moins de 30 ans, le début de la vie professionnelle a reculé de sept ans et l’intégration dans un emploi stable de neuf ans. Le rachat de cotisations dans les conditions fi xées par la loi Fillon étant strictement limité et d’un coût exorbitant, ne et peut pas être considéré comme un palliatif acceptable.

Revaloriser substantiellement les retraites et les pensions

- Augmentation immédiate incluant le rattrapage du pouvoir d’achat perdu : la perte de pouvoir d’achat est évaluée à 10% par le CNRPA (Comité National des retraités et Personnes Agées) pour la période de 1999 à 2003.
- Ré-indexation sur l’évolution des salaires bruts, des retraites et des coeffi cients de revalorisation des salaires pris en compte pour le calcul du montant des retraites du régime général. La revalorisation de ces coefficients est actuellement basée comme les retraites sur l’indice des prix hors tabac de l’INSEE. Le CNRPA estime à 14% l’écart qui s’est creusé de 1993 à 2005 entre l’évolution des salaires et celle des retraites, du fait de l’indexation sur les prix.
- Garantie d’une retraite totale (retraite de base plus complémentaire) au moins égale à 75% du salaire moyen des dix meilleures années de la carrière avec un minimum égal au SMIC et, le cas échéant à la pension d’invalidité si elle est supérieure au SMIC.
- Taux de la pension de réversion porté à 75% des droits du conjoint décédé et suppression des conditions de cumul et de ressources ;
- Suppression des abattements (décote) pour carrière incomplète. Le montant de la retraite étant calculé au prorata du nombre de trimestres validés, ces abattements constituent une double pénalité.
- Suppression des prélèvements sur les retraites (CSG -- CRDS ainsi que le 1% prélevé sur les complémentaires au titre de l’Assurance maladie). Ces prélèvements instis en 1979 par le gouvernement Barre ont été multipliés par 2,6% (+260%) de 1992 à 2004. Ils représentent annuellement en moyenne près d’un mois de retraite nette.

Restituer et élargir les droits des retraités de la Fonction publique

Les droits défi nis par « le code des pensions » ont été gravement amputés par la loi Fillon. Ces droits doivent être rétablis et améliorés notamment :

- revalorisation conjointe des pensions et des traitements dans des conditions garantissant une évolution positive du pouvoirs d’achat des retraités comme des actifs En tout état de cause, le montant des pensions doit rester fi xé sur la base de 75% du traitement des 6 derniers mois d’activité
- remise en vigueur de la notion du « traitement continué » incluant l’application aux retraités de la péréquation et leur assimilation aux actifs pour la mise en oeuvre des réformes statutaires.
- intégration des primes et indemnités au traitement indiciaire de base
- suppression de la décote pour carrière incomplète
- annulation des conditions restrictives d’accès à la CPA (Cessation Progressive d’Activité)
- rétablissement total des bonifications pour enfant

Dans le même ordre d’idée, le plafond (3 385 euros par foyer fi scal) limitant pour les retraités les eff ets de l’abattement forfaitaire de 10% doit être supprimé et la demi part supplémentaire aux célibataires, divorcés, veufs, séparés, vivant seuls, dont le dernier enfant est né avant le 1er Janvier 1980, rétablie sans restriction.

Maintenir et consolider les régimes spéciaux

Sous prétexte de lutte contre les inégalités, ces régimes ne sont pas à l’abri de menaces de déconstruction qui visent l’ensemble des services publics.

Comme l’a souligné le COR « il n’y a pas globalement de situation privilégiée des salariés du secteur public » .

En tout état de cause, l’égalité des droits doit être réalisée par un alignement sur les conditions les plus favorables et non par un nivellement par le bas, comme l’a fait la loi Fillon, à l’encontre des agents de la Fonction publique. Les régimes spéciaux dont la création est le résultat des luttes menées de très longue date par les salariés de ces secteurs, prennent en compte les particularités de l’exercice de leur activité professionnelle et sont partie intégrante de leurs garanties statutaires. Ils doivent donc être préservés et améliorés.

Poursuivre l’amélioration des retraites agricoles

Le plan pluriannuel de 1997 a permis une amélioration de la situation pour les retraités agricoles tant pour les chefs d’exploitation que pour les veuves et les conjoints et auxiliaires familiaux. Il reste cependant beaucoup à faire en mettant fi nancièrement à contribution les banques, la grande distribution l’industrie agro- alimentaire.

Parmi les mesures qui s’imposent d’urgence :

- La revalorisation de la retraite totale du chef d’exploitation à un niveau égal à 75% du SMIC brut
- La parité du montant de la retraite des conjoints et conjointes, avec celle du chef d’exploitation
- La suppression des coeffi cients de minoration.

Avec la sécurité sociale mettre en oeuvre une politique de santé répondant aux besoins (3)

Les moyens d’investissements de détection et de traitement des maladies connaissent d’importants progrès. Ils doivent être rendus accessibles au plus grand nombre et à tous les âges, ce qui suppose la mise en oeuvre d’une politique de santé qui rompe radicalement avec la maîtrise comptable des dépenses et qui fasse de la réponse aux besoins et de la prévention une priorité absolue.

En la matière, l’allongement de l’espérance de vie accroît et diversifi e les besoins, notamment en raison de l’augmentation importante de la part, dans la population, des personnes très âgées.

La gestion et le fi nancement de l’APA :

La perte d’autonomie quelque soit l’âge auquel elle survient doit être prise en charge au même titre et dans les mêmes conditions que n’importe quelle autre maladie par la sécurité sociale. Il n’est nul besoin pour cela d’un cinquième risque assorti d’une cotisation spécifi que portant atteinte à l’unicité de la sécurité sociale et au principe de solidarité intergénérationnelle. En conséquence la CNSA doit être supprimée, la gestion de l’APA intégrée à la Sécurité Sociale. Son montant doit être revalorisé. L’aide au maintien au domicile des personnes dépendantes doit se faire dans le cadre des missions de la santé publique, l’hospitalisation en long séjour étant prise en charge à 100%.

La mise en réseau, établissant une synergie au niveau local de toutes les institutions intervenant auprès des personnes âgées dans le cadre du service public nous paraît seule de nature à permettre la création massive d’emplois, le recrutement et la qualification des personnels, l’émergence de nouveaux métiers, tout en offrant des services à des prix supportables.

Un programme pluriannuel de construction, de création d’emplois et de formation est nécessaire pour combler le déficit en structures d’accueil et en personnel qualifié. L’amélioration des remboursements des dépenses de santé, notamment des prothèses dentaires, auditives et des lunettes est une urgence. Les cotisations pour la couverture complémentaire des dépenses de santé doivent donner lieu à déduction du revenu imposable.

(3) Voir sur ce point le document « Un système de santé efficace et solidaire », de la commission « santé et protection sociale » du PCF


Sommaire Une nouvelle répartition des richesses
Définir de nouvelles modalités de financement pour garantir la pérennité du droit à la retraite.

Il faut rompre radicalement avec la logique fi nancière qui est à la base de la politique gouvernementale. Elle consiste, en ignorant les besoins, à comprimer les dépenses pour les ajuster coûte que coûte aux recettes existantes en écartant à priori toute augmentation de la contribution des entreprises.

Les diverses propositions avancées par la droite, y compris le transfert proposé par le président de la République, d’une partie de la cotisation des entreprises sur la valeur ajoutée ne dérogent pas à ce principe. Elle devrait en effet, selon ses propos, « concourir à l’abaissement du coût du travail », donc être réalisée sans préjudice pour les profi ts des entreprises.

D’autres, tel le MEDEF, préconisent, soit la création d’une « TVA sociale » soit l’augmentation de la CSG. Cette dernière formule recueille l’assentiment du P.S.
Or la CSG est actuellement payée à près de 90% par les salariés et les retraités. Elle représente déjà le quart des ressources de la Sécurité Sociale. Son augmentation, tout comme la « TVA sociale » se traduirait donc par un alourdissement de la charge des ménages et par une accentuation de la fi scalisation de la protection sociale.

La réforme des moyens de fi nancement doit être réalisée en vue de procurer aux régimes de retraites les moyens de pourvoir aux besoins des retraités. Elle doit en prendre en compte l’augmentation importante de leur nombre et la nécessaire amélioration de leurs ressources, donc du montant et de l’évolution des retraites.

Cela ne doit et ne peut se faire que par une nouvelle répartition des richesses créées, ce qui implique d’inverser la tendance qui voit depuis trente ans baisser la part des salaires et monter celle des profits.

La part du PIB aff ectée aujourd’hui au financement des retraites est de 12,6%. D’après les prévisions du Conseil d’Orientation des Retraites, tenant compte notamment des eff ets de l’allongement de l’espérance de vie et de l’augmentation du nombre des retraités qui en résulte, à réglementation constante, à l’horizon 2040 le financement des retraites nécessiterait d’y aff ecter 16,3% du PIB.

En se plaçant dans l’hypothèse d’une abrogation des mesures Balladur- Fillon et d’une réforme progressiste du système de retraites, on peut évaluer à 18,5% du PIB les besoins de financement soit une augmentation de 50% par rapport à la situation actuelle.

L’importance des gains de productivité et l’hypothèse admise selon laquelle le PIB pourrait doubler d’ici 2040 rendent cette évolution plausible et supportable pour l’économie. En tout état de cause, il est évident que rien dans l’accomplissement de ces prévisions ne se réalisera spontanément. L’augmentation de la masse des richesses produites suppose notamment la mise en oeuvre d’une politique active de création d’emplois stables et qualifiés et de formation à tous les âges de la vie professionnelle. Elle suppose une croissance durable nourrie par une amélioration du niveau de satisfaction des besoins et donc de progrès de la consommation rendue possible par une répartition des richesses plus favorable aux salariés, aux retraités, aux minimas sociaux, et plus généralement à la satisfaction des besoins humains.

Dans une telle perspective nous réaffirmons notre attachement à la retraite par répartition établissant un lien permanent entre les générations, par un mode de fi nancement basé pour l’essentiel sur les cotisations prélevées dans l’entreprise sur le fruit du travail.

Concrètement, nous proposons :

L’augmentation et la modulation des cotisations des entreprises en fonction du rapport entre la valeur ajoutée et la part de celle- ci affectée aux salaires et à la création d’emplois.

- La prise en compte de ce critère devrait se traduire par une augmentation du taux de cotisations des entreprises qui pratiquent une politique salariale au moindre coût, qui délocalisent leurs activités et suppriment des emplois, qui privilégient les placements financiers dans l’aff ectation de leurs profits au détriment des salaires, des investissements productifs et de l’emploi.A l’inverse, les entreprises de main- d’oeuvre, celles réalisant des investissements créateurs d’emplois, celles qui développent l’accès de leurs salariés à une formation qualifiante, pourraient voir baisser le taux de leurs cotisations.

- Le prélèvement sur les revenus financiers des entreprises et des banques,(jusqu’ici exemptés de toute contribution au financement de la protection sociale, y compris des retraites), de cotisations au même taux que celles prélevées sur les salaires.

- La suppression des exonérations de cotisations sociales largement prodiguées aux entreprises et reconnues sans eff et réel sur l’emploi.

- Le paiement aux caisses de retraites et à la sécurité sociale des dettes des entreprises et de l’Etat.

- Le prélèvement des cotisations sur tous les éléments de rémunération (heures supplémentaires, primes d’intéressement et de participation, stock- options).


La retraite à 60 ans : un enjeu de civilisation (brochure)

Les perles et la haine .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 4:57

Editorial par Claude Cabanes

Ce n’est pas manquer au respect que l’on doit

par principe au chef de l’État que d’écrire que, l’autre soir, à la télévision, Nicolas Sarkozy

a enfilé des perles. Et il enfile toujours les mêmes,

celles du candidat qu’il était hier : comme si le président de la République était à la recherche du temps perdu de la campagne électorale, disparu à jamais. Tendu, incantatoire, volubile, pressé, il a buté sur cette dure réalité : il ne sera pas le président du pouvoir d’achat.

Il l’avait annoncé comme on souffle dans les trompettes de Jéricho : ce n’était que du bruit. Ceux qui l’ont crise sont trompés. Et ont été trompés.

C’est l’inconvénient de battre le tambour plusieurs jours à l’avance pour le rendez-vous avec le verbe présidentiel. Le chef de l’État n’avait à distribuer que de belles paroles. À part quelques clapotis ici et là il ne s’attaquera pas au mal français : depuis un quart de siècle les revenus du capital ne cessent de croître au détriment des revenus du travail. L’argent est mieux payé que les hommes. Là est le handicap structurel de notre économie, dont le moteur essentiel est la consommation : alors, quand le pouvoir d’achat baisse, l’horizon de la croissance recule. C’est le salaire qui lui fournit de la puissance.

Et Nicolas Sarkozy l’a avoué benoîtement :

« Ce n’est pas moi qui vais décider de l’augmentation des salaires. » Il décide bien pourtant de vider la RTT de sa substance, de traficoter les heures supplémentaires ou de vendre un morceau d’EDF. Bref le yaourt continuera d’augmenter alors qu’il n’a jamais baissé quand le cours du lait sur le marché mondial s’effondrait ; le chariot hebdomadaire, au supermarché, qui pèse 30 euros de plus en moyenne depuis un an, va poursuivre sa progression ; les taxes sur le carburant à la pompe vont continuer de couler à flots dans les cuves de l’État. Et les dépenses incompressibles -- logement, transports, santé -- qui garrottent le budget familial ne vont pas desserrer leur étau. Pendant ce temps les plus nantis s’assoupissent sur le matelas des 15 milliards offerts par le bouclier fiscal : et les caisses sont vides, paraît-il… Ainsi, lentement, l’illusion Sarkozy se dissipe. Ce qui tendrait à expliquer la virulence verbale primaire et cynique que l’hôte de l’Élysée applique au drame des banlieues : comme pour conforter un certain électorat (suivez mon regard…), quand un autre risque de s’écarter… Pour ramasser la pensée -- si l’on peut dire… -- élyséenne : il n’y a pas de problème social au-delà du coeur des grandes villes, il n’y a qu’un problème de « voyous ». On connaissait jusqu’ici

la raison d’État et les secrets d’État : voici naître

un nouveau concept, la haine d’État. Il a été déjà porté sur les fonts baptismaux du langage officiel enrichi

du « Karcher » et de la « racaille »… Nous voilà revenus près de deux siècles en arrière quand les bourgeois, comme Marx l’a si bien décrit, s’effrayaient pour

« les barbares qui campent aux portes de la cité moderne ». Un texte publié par quatre maires communistes de Seine-Saint-Denis rappelait hier cette évidence : depuis des décennies, des politiques de classe -- oui, de classe, de la classe dominante, avec ses présidents, ses ministres, ses industriels, ses banquiers, ses préfets, ses policiers… -- ont fait de ces banlieues une sous-société, un infra-monde, un ghetto où s’accumulent sans cesse toutes les souffrances, les anciennes et les modernes. En 1968 avait éclos cette belle formule :

le problème ce n’est pas d’être vieux, c’est ce qui fait vieillir. À Villiers-le-Bel et ailleurs, le problème,

ce n’est pas d’être jeune, c’est ce qui fait de jeunes hommes, et même d’enfants, des êtres féroces. Il y a plus de vingt ans un manifeste proclamait : « Que veut la banlieue ? La banlieue veut tout ! »

Monsieur le Président, c’est toujours vrai.

l’ Huma du 01 / 12 /07