Rassembler la gauche

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9 décembre, 2007

Le P.C.F et la gauche .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 22:57

de Pierre Laurent

Sept mois après la présidentielle, le PCF peut-il rebondir et jouer un rôle pour sortir la gauche de l’ornière ? L’« assemblée nationale extraordinaire » du PCF qui réunit ce week-end près de quinze cents délégués de ses sections locales à l’Arche de la Défense aura, entre autres, cette brûlante question d’actualité à se coltiner.

À l’occasion de la sortie de son livre bilan, Ségolène Royal vient de mettre en scène au cours de deux débats largement médiatisés sa conception du rassemblement alternatif à Sarkozy. Le premier de ces débats baptisé « La gauche, comment sortir de l’impasse ? » a été organisé par le Monde, le lundi 3 décembre, le second a occupé toute la soirée de jeudi sur France 2 dans l’émission À vous de juger. Dans les deux cas, le scénario est identique. Ségolène Royal est d’abord longuement interviewée, seule, et plaide pour un rassemblement autour d’elle allant « d’Olivier Besancenot à François Bayrou », captant

« le meilleur de tous les courants de pensée », vantant tour à tour l’utilité de la « radicalité » de l’un et la prétendue « impartialité » de l’autre. Puis, dans les deux cas, suit une table ronde, réunissant la palette en question, à un bout, Krivine dans le premier débat, Besancenot dans le second, à l’autre extrême Manuel Valls dans le premier cas et une représentante du Modem dans le second. Au milieu, les bras droits de Ségolène Royal plaident pour le rassemblement autour de leur patronne, miraculeusement placée au-dessus de la mêlée. Le casting est sur mesure. Chacun s’y retrouve. Royalistes et partisans du Modem prolongent leurs appels du pied. Les représentants de la LCR cultivent leur différence sans disputer le terrain du rassemblement de toute la gauche. Ceux de Ségolène Royal peuvent alors rendre un hommage sans conséquence à leur radicalité. Quant aux absents, jamais invités bien entendu, PCF en tête, c’est bien connu, ils ont toujours tort.

Qu’adviendrait-il si la gauche, les femmes et les hommes de gauche de ce pays acceptaient de se reconnaître en ce miroir préfabriqué ? De nouvelles catastrophes à l’évidence. Car c’est peu de dire que les choix de Ségolène Royal s’alignent non sur le meilleur à gauche, mais sur le pire des idéologies de renoncement qui ont construit toutes les défaites de la gauche. Surtout quand cet alignement s’accompagne de la réduction des idées dites « radicales » à un faire-valoir auquel on tire un coup de chapeau avant de lui tourner le dos. Ne mésestimons cependant pas le piège tendu, qui épouse à la perfection la présidentialisation voulue du régime, et que Nicolas Sarkozy a su si bien utiliser à son profit, faisant mine d’effacer les clivages, le rôle des partis, brouillant la transparence des alliances, maniant les fausses ouvertures, pour rallier au final sur son image et sa personnalité.

Y a-t-il donc une autre manière de sortir la gauche de l’impasse ? Oui, car l’arc ségoléniste n’est pas la gauche réelle. La gauche sociale, politique, électorale dans le pays reste beaucoup plus diverse, y compris la gauche socialiste, et beaucoup plus exigeante que cela. Le PCF, ses militants et ses élus restent, aux côtés de beaucoup d’autres, une force et un atout pour enrayer des recompositions d’abandon, qu’il ne suffit pas d’effacer de quelques lucarnes médiatiques malgré leur échec présidentiel.

Mais cette diversité et cette exigence ne seront à nouveau mobilisables qu’à condition d’invention et de profonds changements. Sur les projets, le rassemblement, les pratiques politiques… C’est en tout cas cette double conviction qui semble s’être dégagée des débats militants préparatoires à la Défense. À ceux qui s’apprêtent à traquer durant tout le week-end les « durs » et les « mous » au sein du PCF, autant les prévenir : les communistes n’ont manifestement pas l’intention de choisir entre leurs convictions communistes et ce devoir d’invention.

http://www.humanite.fr/2007-12-08_P…

De : Pierre Laurent
dimanche 9 décembre 2007

Faux-culs !

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 22:23

L’Europe piégée par ( l’euro fort ) .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 22:19

La faiblesse actuelle du billet vert -- il s’échange depuis deux semaines à près de l,50 dollar contre 1 euro -- ­est d’abord la résultante du ralentisse­ment de plus en plus manifeste de l’éco­nomie états-unienne. Principale raison de cet accès de faiblesse: la crise financière de cet été qui est bien loin d’être terminée.

Il ne se passe pratiquement pas une journée sans annonce de nouvelles pertes substantielles provoquées par l’ef­fondrement des fameux « subprimes »(crédit hypothécaire à risque), lui-même conséquence de l’éclatement d’une for­midable bulle spéculative immobilière aux États-Unis. Pas plus tard que mardi dernier, les prévisions de résultats de quatre grandes banques d’investisse­ment états-uniennes ont été revues for­tement à la baisse (- 5,14 % pour Gold­man Sachs, -- 2,88 % pour Lehman Bro­thers, -- 4,34 % pour Morgan Stanley et - 3,27 % pour Merrill Lynch). Ce qui a fait chuter à nouveau lourdement Wall Street. Et il ne se trouve plus aucun ob­servateur sérieux pour affirmer, comme le gouvernement français cet été, que tout cela n’aura aucun impact sur « l’économie réelle »

La défaillance de plus d’un million de nouveaux propriétaires chassés de leur logement outre-Atlantique a commencé à peser sur la consommation et il devient plus difficile et plus cher d’obtenir un crédit pour de nouveaux investissements du fait de l’extrême fragilisation du sec­teur bancaire.

Pour faire face, la FED, la banque centrale des Etats-Unis, a décidé déjà à deux reprises, en l’espace de six se­maines, de baisser ses taux d’intérêt. Si le but de la manœuvre est bien entendu de tenter de « rebooster» l’activité, la baisse du loyer du billet vert conforte aussi la chute de sa valeur sur le marché des changes.

Une dépréciation que les autorités états-uniénnes ne voient de toute évidence pas d’un mauvais œil, sa­chant que le dollar faible fait chuter mé­caniquement les prix des productions li­bellés dans cette devise et confère donc un avantage de compétitivité aux entre­prises US sur leurs concurrentes euro­péennes, à Boeing sur Airbus.

Au total, les privilèges du dollar (à la fois monnaie d’un pays et unique devise de référence mondiale) permettent aux autorités états-uniennes de transférer ainsi une bonne partie de l’impact de la crise qui se profile sur les pays de la zone euro.

Le problème pour l’Europe, c’est qu’à la différence de la FED, sa banque cen­trale est prisonnière de critères de fonc­tionnement qui lui interdisent d’interve­nir pour stimuler l’activité et l’emploi, la seule manette de pilotage accessible de l’institut d’émission commandé par Jean-Claude Trichet est la lutte contre l’inflation -- une norme sur mesure pour les marchés financiers préoccupés d’abord par la stabilité des prix afin de garantir l’augmentation des rentes.

Cette priorité, appelée encore «poli­tique de l’euro fort », fonctionne comme un véritable étouffoir pour la croissance européenne. Au point aujourd’hui que l’Allemagne qui faisait jadis figure de principal supporteur de cet euro fort, se montre désormais de plus en plus cri­tique, Angela Merkel n’ayant pas man­qué d’enregistrer les signes de ralentis­sement sensibles de l’activité pour l’in­dustrie de son pays fortement tournée vers les exportations,

Ces menaces sur l’industrie euro­péenne, jusqu’à ses fleurons dont fait partie Airbus, illustrent donc plus que jamais le besoin d’une politique moné­taire alternative. C’est dire s’il y a ur­gence à conduire un débat sur un autre financement de l’économie européenne, avec un tout autre rôle de la BCE.

Celle-­ci pourrait en effet sortir de la paralysie actuelle face au dumping monétaire des États-Unis en promouvant une politique de crédit sélective, capable de favoriser remploi et de pénaliser au contraire les opérations spéculatives ou strictement financières, à l’origine précisément des lourds nuages noirs qui s’accumulent sur la conjoncture.

Et nous qui croyions que la France était ruinée !

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 21:33

 

Le paquet fiscal plombe les finances de l’Etat .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 21:30

Le « paquet fiscal » voté cet été au bénéfice des plus riches plombe les comptes publics et les marges du gouvernement. Dans un document remis à la Com­mission européenne, le gou­vernement revoit en effet à la hausse le niveau de dette pu­blique de la France pour la période 2008-2012. Celle-ci ne devrait pas passer en dessous des 60 % du PIB exigés par le Pacte de stabilité européen avant 2012, au lieu de 2010 comme Nicolas Sarkozy s’y était engagé devant l’Euro-­groupe en juillet. Selon ce do­cument, la dette atteindrait 64 % du PIB en 2008 et 63,2 % en 2009.

Paris se veut pourtant ras­surantauprès des commis­saires de Bruxelles: « La poli­tique en matière de finances publiques est placée sans am­biguïté sous le signe d’une maîtrise des dépenses pu­bliques de très grande am­pleur », certifie le gouvernement.

C’est vrai pour les sa­crifices demandés aux mé­nages modestes, à l’instar de la redevance télé qui sera désormais acquittée pour partie par les petits retraités ou les fran­chises médicales qui frappe­ront à hauteur de 800 millions d’euros 85 % des Français.

Vrai aussi concernant l’austé­rité pour les services publics et les administrations dont le rythme de progression des budgets sera « divisé par deux à partir de 2009 ».

Mais faux pour les foyers les plus riches et les entreprises, gratifiés de nouvelles ristournes avec le bouclier fiscal, des dégrève­ments d’impôt sur la fortune et les exonérations sur les heures supplémentaires.

Des cadeaux tels que le rapporteur général du budget, Gilles Car­rez (UMP), a demandé une rallonge de 735 millions d’euros dans le budget rectificatif en débat à l’Assemblée nationale, en plus des 15 milliards déjà prévus.

 Pour tenir ses prévisions, le gouvernement choisit de vendre par morceaux des biens essentiels de la nation,  comme les 2,5 % de capital d’EDF qui financeront le plan pour l’université, s’ajoutant à la vente de 2,65 milliards d’actions de France Télécom cette année. Une « politique destructrice dénoncée par la sénatrice Nicole Borvo Cohen Seat (PCF>, pour qui « l’Université exige une loi de programmation budgétaire pluriannuelle fondée sur nouvelle politique fiscale plus juste et non pas sur le bradage aux intérêts privés des autres services publics ». Les mesurettes sur le pouvoir d’achat seront, elles, autofinancées par les salariés invités à renoncer aux trente-cinq heures.

Mais les difficultés ne font que commencer. Lundi, Arthuis (UDF), président de la commission des Finances du Sénat, a prévenu qu’il « pourrait y avoir quelques difficulté à assurer le financement» des heures supplémentaires et du rachat des RTT aux fonctionnaires Sans compter l’irréalisme ( prévisions de croissance , gouvernement, de 2,25 % pour 2008 et 2,5 % à partir 2009, quand Bruxelles table pour la France sur 2 % l’ an prochain et 1,8 % en 2009.

 « Si la croissance s’écarte légèrement » du scénario gouverne mental, « ce serait très facile de déborder à nouveau: la limite de 3 % »du PIB , déficit public annuel et atteindre 64,5 % de dette, a mis en garde la Commission européenne.

Pour le député Michel Sapin (PS), « le pire» serait donc « à venir» après 1es municipales, avec une politique de rigueur qui pourrait prendre la forme d’une hausse de la TV A, toujours présente dans les tiroirs de Bercy.

SENAT : groupe communiste .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 20:56
 
 
 

Loi de finances pour 2008 : Outre-mer

Par Gélita Hoarau -- 03 Décembre 2007

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, l’examen du premier budget pour l’outre-mer de la nouvelle législature reste un exercice paradoxal. De toute la République, les régions et collectivités d’outre-mer sont les seules pour lesquelles le Parlement discute des dépenses engagées, pour elles, par l’État. Mais il le fait à travers le budget du secrétariat d’État à l’outre-mer, qui ne représente qu’une partie de ces dépenses.

Par ailleurs, d’année en année, les périmètres de ce budget sont modifiés et des crédits sont transférés à d’autres ministères. Il est donc difficile de vérifier si les évolutions constatées répondent à la progression démographique, aux exigences sociales ou à l’évolution du coût de la vie.

Ce budget comporte deux principaux programmes : l’emploi et les conditions de vie.

Dans le premier programme, les dépenses liées aux exonérations de charges sociales, soit 867 millions d’euros, restent les plus importantes. Pourtant, les résultats de ce dispositif ne sont pas entièrement prouvés. Des réserves ont été émises dans le rapport d’étape de la commission d’évaluation de la loi programme pour l’outre-mer, dans l’avis du Conseil économique et social, ainsi que dans le rapport d’audit sur les exonérations de charges. Il est indiqué, dans l’un de ces documents, qu’il s’agit d’un « dispositif indifférencié de transfert de la métropole vers les DOM » plutôt qu’un « dispositif ciblé sur la création d’emplois ». Son amélioration appelle donc débat.

Je suis inquiète quant à la baisse des crédits destinés aux contrats aidés. Nous avons, certes, de bonnes performances économiques, mais notre progression démographique gomme en partie ces résultats en termes de création d’emplois. Notre taux de chômage reste le plus élevé de la République. La zone franche globale que vous proposez ne permettra pas de donner une activité ou du travail à tous. Elle ne répond pas à tous les besoins d’une société en mutation. Nous devons donc bâtir, en plus, une véritable économie de la solidarité.

La Réunion va expérimenter le contrat unique d’insertion. D’autres initiatives sont possibles, car des textes nous permettent, à titre expérimental, de déroger aux lois et aux règlements en vigueur. Innovons donc : cherchons les moyens les plus efficaces pour conduire le contrat aidé vers un emploi pérenne ; allons vers une professionnalisation des employés ; passons d’une logique de guichet à celle d’un choix partagé ; trouvons de nouveaux partenaires et d’autres sources de financement, comme l’épargne populaire.

Cela suppose que, de son côté, l’État fasse jouer davantage la solidarité nationale, en augmentant les crédits du Fonds pour l’emploi dans les départements d’outre-mer, le FEDOM.

Je milite pour la transformation des emplois aidés en emplois durables dans deux secteurs, gros utilisateurs de main-d’oeuvre : les services de l’environnement et les services à la personne.

Selon vous, dans le programme « Conditions de vie outre-mer », les crédits du logement social augmentent. Cette évolution est contestée. Vous envisagez, dans le projet de loi de programme, la mise en place d’un dispositif de défiscalisation plus profitable au logement social. Mais le problème est si complexe que des moyens fiscaux supplémentaires et une ligne budgétaire plus ou moins bien dotée ne peuvent, à eux seuls, les résoudre.

Sur ce sujet, nous cultivons une particularité : à la Réunion, l’ensemble des partenaires partagent la même analyse et font les mêmes préconisations. Ils ont signé, en 2004, le Livre blanc sur le logement social. Au rang des signataires partenaires, il y a les collectivités territoriales, l’association des maires, les bailleurs sociaux et le représentant de l’État.

Une telle unanimité impose que l’on étudie les propositions faites et que l’on examine les voies et moyens pour les mettre en oeuvre. Depuis 2004, les gouvernements successifs ont refusé de le faire. Au nom de la rupture dont vous vous réclamez, allez-vous prendre en compte, monsieur le secrétaire d’État, cette contribution en élaborant, par exemple, une loi sur le logement spécifique aux DOM ?

Le Gouvernement veut une mise à plat des dispositifs de la continuité territoriale : passeport mobilité, dotation de continuité territoriale, congé bonifié, etc. Cette réforme va-t-elle marquer un retrait de l’État ? Nous le craignons. L’avion est le moyen qui nous permet d’exercer la liberté de circulation des hommes. La solidarité nationale doit nous aider.

Nous souhaitons être desservis par des Airbus A 380, car ils auraient l’avantage de faire baisser substantiellement les prix des billets d’avion. Allez-vous, monsieur le secrétaire d’État, nous soutenir dans cette démarche ?

Par ailleurs, je vous rappelle ici une question que j’ai posée en commission des affaires sociales : quand les chantiers que le chef de l’État propose pour l’outre-mer, chantiers qui vont de l’école au codéveloppement en passant par le dialogue social et l’amélioration des conditions carcérales, seront-ils donc ouverts ?

Je vous ai aussi interpellé par courrier sur le phénomène de la hausse des prix à la Réunion. Nous cumulons plusieurs handicaps. Nos prix sont plus élevés que ceux de la métropole, et ils le sont dans d’inquiétantes proportions. S’ajoutent à cela la hausse généralisée des prix des matières premières industrielles ou agricoles et leur raréfaction. Très dépendants de l’extérieur pour nos besoins essentiels, nous subissons en plus une hausse du coût du fret maritime, avec une augmentation de 40 % en un an, qui résulte de la hausse du prix des carburants mais surtout d’un manque de cargos, lesquels desservent de moins en moins notre zone.

Ce phénomène de hausse a et aura de nombreuses conséquences, notamment sur la politique que vous comptez mener. Il faut des solutions pour répondre à trois problèmes : la baisse du pouvoir d’achat, la pénurie de matières premières et la desserte maritime de l’île. Je compte sur une action forte du Gouvernement pour nous aider à y faire face.

Monsieur le secrétaire d’État, au-delà de votre budget, d’autres sujets nous préoccupent.

Dans le cadre des négociations sur les APE, la Commission de Bruxelles a signé un accord intermédiaire avec les pays du groupe ESA, ou Eastern and Southern Africa. Un accord définitif interviendrait fin 2008. Nous espérons que nos intérêts seront défendus.

La future départementalisation de Mayotte est désormais inscrite dans les faits. Cette évolution aura de nombreuses conséquences. Dans le seul domaine institutionnel par exemple, ira-t-on vers une région française de l’océan Indien comprenant les deux entités, c’est-à-dire la Réunion et Mayotte ?

La réforme de l’OCM sucre arrivera à échéance en 2014. Notre régime spécifique de l’octroi de mer sous sa forme actuelle prendra fin à la même époque.

Ce sont autant de rendez-vous à court et moyen termes qu’il faut préparer, et nous espérons que la discussion sur votre projet de loi de programme nous donnera l’occasion et le temps de le faire, ce qui n’est pas possible aujourd’hui.

Dans un de ses discours lors de la campagne présidentielle, M. Nicolas Sarkozy saluait les apports significatifs de l’outre-mer à la France et à l’Union européenne.

En effet, nous rejoignant dans l’analyse, le futur chef de l’État notait que l’outre-mer permettait à la France d’être de « plein pied » dans le monde, d’être la quatrième puissance maritime avec une zone économique exclusive de 11 millions de kilomètres carrés et de bénéficier d’une vaste diversité culturelle. L’outre-mer, c’est aussi, reconnaissait M. Sarkozy, ces hommes et ces femmes qui se sont battus pour la France. C’est aujourd’hui Kourou. C’est une importante biodiversité. C’est une modernité sociale et c’est aussi la coexistence de grandes religions du monde.

« Il est temps de porter une autre image de l’outre-mer », déclarait M Sarkozy. Cela signifie sans doute que, pour mieux reconnaître notre rôle de « frontières actives » de la France et de l’Europe aux confins des continents, nous soyons considérés comme des partenaires. Cela signifie que la nation apprécie ce que nous lui apportons et qu’elle ne lésinera pas sur sa solidarité.

Cristine Ockrent,ministre de la propagande et de la pédagogie .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 18:48

Christine Ockrent, ministre de la propagande et de la pédagogie Mathias Reymond et Denis Perais

À chaque fois que des « réformes » sont confrontées à des mobilisations sociales, la plupart des prétendus arbitres des débats audiovisuels tracent le périmètre du politiquement acceptable. Retour sur une émission particulière : « Duel sur la 3 » présentée par l’infatigable Christine Ockrent, lors des mobilisations de novembre 2007 (18 novembre 2007, France 3).

Comment prendre acte d’un conflit social en lui donnant la forme d’un débat ? À cette question difficile, la réponse de Christine Ockrent est simple : en transformant son émission en fabrique d’illusions. Trois illusions : illusion de démocratie, en composant un plateau apparemment équilibré ; illusion de neutralité, en affectant ne poser que des questions ; illusion de pédagogie, en invitant des « experts » prétendument affranchis de toute idéologie.

Sur le théâtre de France 3, la représentation – une farce ? – peut commencer. À classer dans le genre apparemment inépuisable des « débats vraiment faux ou faussement vrais » [1].

Mise en scène

La composition du plateau est toujours significative. Ce soir-là, parmi les sept invités, les deux principaux représentaient les deux « camps » : Jacques Marseille, éditorialiste au Point, économiste, historien, face à Christian Mahieux, secrétaire fédéral du syndicat SUD-Rail. Un grand adepte du libéralisme économique, partisan des réformes gouvernementales, et groupie de Nicolas Sarkozy face à un syndicaliste opposé à la « réforme » des régimes spéciaux. Un duel, comme l’annonce le titre de l’émission ? Pas du tout. À ces deux invités, s’ajoutent deux politiques, apparemment opposés puisqu’il s’agit de Manuel Valls (PS) et de Patrick Devedjian (UMP), flanqués de deux « jokers » (jokers pour qui ?), Philippe Lemoine (PDG de Laser) et Bernard Brunhes (vice-président de BPI), tout deux pas vraiment opposés à la « réforme » des régimes spéciaux, et confortés par un « expert », Jean-Louis Thieriot, biographe de Margaret Thatcher et favorable aux réformes.

Parodie de démocratie. Christian Mahieux est en réalité le seul opposant aux réformes sur les régimes spéciaux. Comme il l’expliquera lui-même, Manuel Valls (PS – Parti socialiste) est en effet, lui aussi, un partisan effréné de cette réforme… Le face à face est une farce puisqu’une seule personne en affronte six. Six ? Huit, si l’on ajoute les deux journalistes (Christine Ockrent et Jean-Michel Blier) qui ne cachent pas leur attachement pour la réforme.

Dans l’émission, Christian Mahieux s’est exprimé pendant 13 minutes et 58 secondes, Jacques Marseille pendant 11 minutes et 37 secondes, Bernard Brunhes : 5’57″, Philippe Lemoine : 3’44″, Jean-Louis Thieriot : 5’41″, Manuel Valls (PS) : 10’21″, Patrick Devedjian : 7’58″. Soit 13 minutes et 58 secondes pour les grèves, contre 47 minutes et 18 secondes pour la réforme. Et si l’on ajoute les 13 minutes de Christine Ockrent et 2 minutes 30 de Jean-Michel Blier, cela fait 79% du temps de discussion partagé entre les sympathisants de la réforme. Robert Ménard (de RSF) peut être content : c’est quand même mieux que les débats que l’on peut lire dans les colonnes du Rodong Sinmun (Le Journal des Travailleurs), le quotidien national Nord-Coréen !

Déguisée en arbitre de la confrontation, Christine Ockrent penche systématiquement du « bon » côté… Bienveillante avec Jacques Marseille, inflexible avec Christian Mahieux, elle demande à ce dernier de s’expliquer alors qu’elle demande au premier d’expliquer. D’ailleurs c’est à l’économiste de service qu’elle donne d’emblée la parole : « Mais d’abord une question à vous Jacques Marseille… »

Le timbre de sa voix, la formulation de ses questions, le fond de ses remarques révèlent un évident parti-pris. Quand Mahieux s’explique sur les conséquences des grèves (« Evidemment que les usagers des transports sont gênés quand… »), Ockrent le coupe : « Ça, c’est le moins qu’on puisse dire. Tous les gens qui vont devoir aller bosser demain matin… » Essayant de s’expliquer, Mahieux est de nouveau agressé : « Et ça, ça ne vous gêne pas ? » Alors qu’il précise que la qualité du service public de la SNCF, asphyxiée par la logique de rentabilité, se détériore, l’animatrice découvre et condamne un vrai coupable : « Mais là franchement, oui d’accord, vous n’arrangez pas la situation. » Des petites phrases qui nuisent à la clarté d’une explication, et qui influent sur le débat. Sans parti-pris, Ockrent ? Quand elle aborde les mobilisations à venir, elle mime un geste du ras-le-bol et s’exclame : « Et là, les étudiants et les lycéens appellent à manifester jeudi, eux, alors on n’est pas sorti de l’auberge ! »

Propagande

Première arme : l’encadrement du « débat ». Une fois le cadre de l’émission posé, le « débat » peut commencer par le couplet habituel : l’impossibilité de réformer le pays. Aux yeux illuminés de nos chers « pédagogues », il va de soi qu’il ne peut y avoir de réforme que libérale. Le reste est « archaïsme » et « retour en arrière ». Taxer le capital pour financer les retraites ne serait pas une réforme, mais une erreur économique. Dès lors, contester une réforme libérale, c’est rendre la réforme impossible. Ce que le titre de l’émission -- « La réforme est-elle possible en France ? » -- se bornait à laisser entendre est amplement confirmé par son contenu. Ému, Jean-Michel Blier annonce : « Jeudi, la galère continue ». Et il pose la seule question qui vaille : « La réforme est-elle décidément impossible en France ? » Même tonalité dans la présentation de Christine Ockrent : « Pour discuter de la situation sociale dans le pays, et de la difficulté manifeste de réformer en France, j’ai le plaisir d’accueillir… »

L’animatrice se fait porte-voix du gouvernement (dont son compagnon, Bernard Kouchner, est membre) : « Alors, Xavier Bertrand [...] a dit tout à l’heure que cette réunion était un premier pas dans la bonne direction mais que cela supposait évidemment la reprise du travail, d’ici mercredi. » Qui parle ? La construction de la phrase peut laisser croire que c’est Xavier Bertrand, mais c’est Christine Ockrent qui ajoute le « évidemment »…

Deuxième arme : les petits faits faux ou biaisés. Impossible à vérifier en direct, des contre-vérités sont assénées par les intervenants. D’accord sur le fond, les journalistes acquiescent et ne bronchent pas. Quand Jacques Marseille dit et répète « Ce sont les cheminots qui ont l’espérance de vie la plus longue après leur départ à la retraite », personne ne le conteste ou ne l’interroge sur une telle affirmation. Pourquoi ? Parce qu’ils n’en savent rien, et la désinformation s’accommode très bien de l’ignorance des intervieweurs.

Quand Jacques Marseille dit qu’il faut financer « 500 000 retraités » cheminots, il grossit le chiffre de 66% puisqu’il n’y en a que 300 000. Quand Ockrent souligne que Sud-Rail « est le deuxième syndicat à la SNCF » derrière la CGT, elle oublie l’UNSA, deuxième depuis 2006. Jubilant devant l’œuvre de Thatcher, elle rappelle, à deux reprises, que celle-ci était au pouvoir, « il y a de ça 35 ans ». Or la Dame de Fer accède au poste de Premier Ministre en 1979, et le quitte en 1990, il y a de ça 28 ou 17 ans, c’est selon. Jean-Michel Blier s’extasie devant le Livre Blanc de Rocard, et le date de 1988. Or celui-ci fut publié en 1991. Dans une autre diatribe, l’animatrice lâche : « Mais le problème de Sud, c’est que vous n’êtes pratiquement pas présent dans le secteur privé. Donc, votre stratégie, c’est quoi ? C’est de renforcer vos bastions qui sont essentiellement la SNCF et la RATP et puis le reste, ça vous est égal et les salariés du privé, c’est pas votre truc alors ? » Une exagération de Christine Ockrent car Sud (et Solidaires dont Sud est une composante) a de nombreux syndicats dans le privé. L’ignorance d’Ockrent peut rendre hilare, surtout quand elle se propage dans d’autres médias. Ainsi, le lendemain (19 novembre) sur Europe 1, Laurent Ruquier l’interroge : « Mais que veut dire SUD ? » « Solidarité Union des Travailleurs, quelque chose comme ça ? » répond-t-elle. En fait, ça veut dire Solidaires Unitaires Démocratiques.

Troisième arme : le recours à l’argument propagandiste. Dans le cas présent : le choc démographique contraint à faire travailler les actifs plus longtemps pour financer les retraites. « Comment on paye tout ça, comment on paye tout ça ? » s’énerve à ce sujet Devedjian.

Tous les autres arguments, qu’on les tienne pour fondés ou pas, ne sont même pas mentionnés. De quoi reste-t-il alors à débattre ? Nombreux sont ceux pourtant qui affirment que les calculs de nos bons « réformateurs » sont biaisés. Que disent ces opposants réduits au silence ? Que les salariés travaillent pour les inoccupés (retraités, mais aussi demandeurs d’emploi, handicapés…) et que le ratio qu’il faut observer n’est pas salariés/retraités, mais salariés/inoccupés. Qu’une diminution du nombre de chômeurs permettrait de réduire la part qui leur est globalement attribuée et permettrait d’augmenter le nombre de cotisants pour les retraites. Que le réel problème du financement des retraites est le chômage. Etc. Ces contre-arguments développés par les grévistes n’étant pas valables aux yeux des experts conviés dans les médias, ils ne sont ni évoqués ni discutés. Ils sont tous simplement méprisés.

Ainsi, il suffit à Jacques Marseille d’enregistrer, sans même les défendre, l’augmentation du nombre d’années de cotisation des salariés du privé (1993), puis celle des salariés du public (2003), pour qu’il assène : « Pour une question de parfait bon sens, aujourd’hui, il n’est pas tolérable, il n’est pas tolérable qu’une petite partie des Français continuent de bénéficier de ces 37 ans et demi. » Même « évidence » dans la bouche de Manuel Valls (PS) : « Il y a un devoir de vérité, on ne reviendra pas vers les 37 annuités et demi, c’est évident et donc cette harmonisation des régimes de retraite est indispensable. » Les salariés des régimes spéciaux ont des cotisations plus élevées ? Ils ont des pensions plus basses ? Peu importe, il faut qu’ils travaillent comme tout le monde. Il sera temps, un jour, d’augmenter les cotisations des autres salariés et de baisser les pensions du régime général, pour harmoniser…

La complicité qui règne sur ce plateau fait (presque) plaisir à voir. Quand Valls (PS) regrette que son parti n’ait pas fait la réforme des retraites, il complète : « L’opinion soutient l’idée d’une harmonisation à 40 ans. » Ce qui émerveille Devedjian : « J’ai du mal à m’opposer à Manuel Valls parce que je le trouve d’une grande honnêteté et sur les 40 ans, nous sommes d’accord. » Le choix pour les partisans de la réforme (soient 8 des 9 personnes présentes est simple. Jacques Marseille le résume : « Il n’y a qu’une seule solution : soit de baisser les retraites, soit d’accroître les cotisations des actifs, soit travailler plus longtemps. Travailler plus longtemps, c’est ce que tous les autres font. » Taxer le capital ? Les profits ? Compter sur la baisse du chômage (avec les départs à la retraite) pour compenser les effets de la redistribution ? Taxer Jacques Marseille pour chacun de ses passages dans les médias ? (On pourrait même rembourser la dette publique…) Les solutions, quoi qu’on en pense, ne manquent pas. Pourquoi ne sont-elles pas mises en débat ?

Et pour couronner le tout, des opinions polémiques assénées comme des faits scientifiques. Ainsi Jean-Louis Thiériot : « On a beaucoup plus pitié d’un mineur qui voit son puits fermé que d’un cheminot à qui on demandera d’arrêter sa machine à 55 ans. » Cette rengaine Marseille la ressert : « Quand les cheminots prennent leur retraite à 55 ans en moyenne, ils sont en pleine santé, ils pètent le feu. » Mahieux a beau essayer d’expliquer que les 3/8, que la réparation des rails dans des endroits inaccessibles, ce n’est pas si facile, il se heurte à des murs de mépris sur lesquels rebondissent ses paroles.

Vous avez dit « Propagande » ? Non : « Pédagogie ».

Pédagogie

Comme on l’a vu, Mahieux est le seul invité qui doit s’expliquer, les autres étant là pour expliquer, et surtout pour faire comprendre. Faire comprendre la nécessité de cette réforme. Etre de bons pédagogues en somme.

Pour Jacques Marseille, l’expert attitré, « Il fallait pas négocier ! Il fallait pas négocier ! (…) Vous vous rendez compte le temps qu’on a perdu à vouloir négocier, je dis bien négocier, parce qu’il n’y avait rien à négocier. » C’est clair ? Pourquoi ne fallait-il pas négocier ? Parce que c’était prévu par Sarkozy dans son programme (et comme il a été élu, son programme l’a été aussi…), mais surtout parce que les Français « avaient parfaitement compris pendant la campagne présidentielle ». Avant les Français étaient sots, maintenant ils sont brillants : « En 95, les Français n’avaient pas encore compris l’enjeu des régimes spéciaux, aujourd’hui, ils l’ont parfaitement compris. Ils ont parfaitement compris que c’est intolérable. »

« Duel sur la 3 » est une émission de service public et Christine Ockrent prend à cœur son métier : être une animatrice de qualité consiste à être une pédagogue appliquée. Alors que Christian Mahieux essaye de développer son point de vue, elle le fait taire, et se tourne vers Marseille : « Jacques Marseille, ça veut dire que la pédagogie qui consiste à expliquer à la fois la démographie, à la fois la dette publique, à la fois le financement par ce système de répartition, qui vous le rappeliez, date de 1945, que au fond, il reste des gens de bonne foi, qui n’ont pas compris . » Puis, quelques minutes plus tard, elle lance un reportage avec une rare neutralité : « Alors justement, vous dites que les Français, que dans leur majorité, Jacques Marseille, à vous entendre, ont compris . (…) C’est ce que va nous rappeler Dominique Rotival : la très très difficile pédagogie sur la nécessaire réforme des régimes de retraite. » Même impartialité quand elle s’adresse à Bernard Brunhes : « Le fait que l’opinion, d’après les sondages, est pour le moment hostile à ce mouvement de grève, est-ce que c’est en fonction de ce progrès dans la pédagogie comme le disait Jacques Marseille ? »

Mais Jacques Marseille n’est pas le seul à faire œuvre de pédagogie. Jean-Louis Thieriot, avocat d’affaires, cadre immédiatement son intervention : « Dans la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher comme dans la France d’aujourd’hui, la majorité de l’opinion estimait qu’une réforme était nécessaire. Les Français ont très bien compris qu’avec l’allongement de la durée de vie, une retraite pour un certain nombre de personnes, favorisées d’une manière ou d’une autre, à 37 ans au lieu de 40 ans, ça c’était inacceptable. » Et Manuel Valls (PS) en harmonie avec les réformes du gouvernement : « L’opposition doit jouer son rôle de pédagogue par rapport aux évolutions de la société. »

Pour conclure, le pédagogue en chef, Jacques Marseille, avoue qu’il a même converti ses parents : « Mes parents cheminots ont parfaitement compris, c’est quand même la preuve que la pédagogie peut quand même fonctionner. »

Le bilan d’une telle émission est éloquent : c’est une émission de propagande dans laquelle s’exercent des procédés de censure, d’exclusion, de fabrique de l’opinion. C’est une émission, qui relaye la vulgate dominante et qui réduit la pluralité effective des arguments et des opinions à la portion congrue. Une émission de service public, d’une apparente diversité, qui bafoue les obligations inscrites dans le cahier des charges de France 3 ? Celui-ci indique que la chaîne se doit d’assurer « l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information ainsi que l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion. […] La société [France 3] s’interdit de recourir à des procédés susceptibles de nuire à la bonne information du téléspectateur. » [2]

Laissons la Reine Christine rêver – c’est son dernier bon mot -- à la disparation définitive des grèves dans les transports collectifs : « Voilà, vive la télé-transportation, mais nous n’en sommes pas là ! »

Mathias Reymond et Denis Perais

- http://www.acrimed.org/article2776.html

De : lolita
dimanche 9 décembre 2007

EDF-GDF

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 8:47

en direct des Négociations sur les Retraites

EDF-GDF. Journée d’action hier pour relancer les négociations

Électriciens et gaziers se sont mobilisés, hier. Témoignages dans le cortège parisien.

La pluie et un changement de parcours pour cause d’attentat à quelques stations de métro de là. Malgré les contraintes, les électriciens et gaziers d’Île-de-France ont fait leur manif, hier, au départ du siège de Gaz de France, dans le 17e arrondissement de Paris. À l’appel de cinq fédérations syndicales régionales (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC), cette journée d’action pour les retraites et les salaires s’accompagnait également d’un préavis de grève qui mobilisait, à la mi-journée, 14,2 % des salariés à GDF et 13,5 % à EDF. « Nous sommes dans l’obligation de remobiliser car le gouvernement et les directions d’entreprise sont sourds aux revendications des organisations syndicales », affirme Thierry Chevallier, responsable régional de la CGT énergie.

Les anciens ont d’ailleurs rejoint la manifestation parisienne. « On est autant mobilisés pour nos retraites que pour les 37,5 annuités de nos collègues », explique Jacqueline (1 079 euros de pension après vingt-trois ans et demi de boîte). À côté d’elle, Jean-Pierre, retraité après trente ans de maison et donc un peu mieux loti avec 1 600 euros. « On n’est pas les plus à plaindre, c’est vrai mais on cotise beaucoup plus. Notre régime ne coûte rien à personne et n’est pas déficitaire puisque c’est nous qui le payons. » Chez les jeunes, la révolte est tout aussi palpable. Autour de Victor, sept ans d’entreprise, un petit groupe d’agents d’astreinte embauchés ces dernières années. « Nous sommes monteurs sur le réseau haute tension, il y a bien pénibilité du travail. On travaille la nuit, le samedi, le dimanche, les jours fériés. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. On peut aussi très bien être envoyé dans n’importe quelle région de France. Je ne suis pas sûr que l’actionnariat sera prêt à financer un service public de cette qualité. Les clients prendront des packs selon leurs moyens », rappelle un autre.

Après la suspension des discussions tripartites et l’annulation de la séance programmée hier, les syndicats vont retourner à la table des négociations mercredi 12, avec des attentes précises sur les salaires dont une revalorisation de 5,5 %, le niveau des pensions de retraite et l’évolution des carrières. « Le dossier rebondit dans un cadre unitaire car c’est l’ensemble des fédérations qui ont fait savoir aux négociateurs patronaux que leurs propositions étaient insuffisantes », se réjouit Thierry Chevallier. Pour l’heure, seule la CGT a appelé, pour le 12, à de nouvelles actions. « Hier, des assemblées générales du personnel ont eu lieu dans toute la France et ont décidé d’intervenir sur l’outil de travail et le réseau, avec, par endroits, des baisses de production. Le personnel est dans l’action et les négociations sons mises sous sa surveillance », poursuit le dirigeant syndical. À Grenoble, une manifestation a rassemblé 250 agents dans la matinée.

Ludovic Tomas

l’ Huma du 07 / 12 /07