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25 décembre, 2007

Un nouveau souffle pour Kléber .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 12:49

Automobile . Lors d’une réunion à Nancy, les salariés ont obtenu un soutien massif d’élus en faveur du maintien du site toulois de Michelin.

Correspondance particulière.

Vendredi soir, à la sortie, de la préfecture de Meurthe -et-Moselle, Pierre Kowalski, délégué CGT Kléber, affichait une certaine satisfaction après la première réunion du comité de suivi sur l’avenir du site toulois de Michelin : « La quasi-majorité des participants reconnaît que le travail fait par les syndicalistes et le cabinet Sécafi apporte un éclairage significatif sur la pérennité du site. Les représentants de la direction de Michelin vont devoir sérieusement plancher sur leur dossier pour convaincre l’ensemble des acteurs de la région de la nécessité de fermer l’usine de Toul. »

Une première victoire et un certain espoir pour les 826 salariés qui attendent beaucoup de la puissance publique pour faire reculer Michelin dans sa volonté de fermer le site en 2009. Dans ce concert institutionnel d’interrogations concer- nant la stratégie économique de Michelin qui préfère dépenser 130 millions d’euros pour fermer le site de Toul alors qu’avec un investissement de 90 millions le groupe peut pérenniser l’usine, deux voix discordantes et pas des moindres se sont fait entendre. Celle de l’État et de ses représentants dans la région qui reprennent en choeur les propos de la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, et celle de la députée et porte-parole de l’UMP, Nadine Morano. Le rôle de l’État est de veiller uniquement à l’application stricte du plan social et économique proposé par Michelin, estime la ministre. Ce à quoi Pierre Kowalski rétorque : « L’État ne cesse de nous rappeler que nous sommes dans le domaine privé et qu’il n’y aura aucune ingérence. Mais quand il a fallu sauver Alstom à Belfort, le président Sarkozy, alors ministre des Finances, n’a pas hésité à impliquer l’État. Pour le Toulois, le maintien de Kléber, c’est la survie économique d’un bassin de dizaines de milliers de salariés. Le gouvernement ne peut rayer d’un trait l’avenir du site de Kléber. » Quant à Nadine Morano, elle adhère dès à présent à l’accompagnement de la fermeture. Elle a ainsi annoncé que quatre entreprises spécialisées dans le recyclage seraient intéressées pour s’installer à Toul. La réponse des organisations syndicales de Kléber ne s’est pas fait attendre : « Toul a besoin de Kléber mais également de toutes les opportunités économiques qui se présenteraient. Si quatre entreprises veulent s’implanter à Toul, qu’elles viennent. Il y a encore du terrain disponible et des emplois à créer. » La lutte des Kléber pour la survie de leur entreprise qui recueille aujourd’hui un soutien massif de l’opinion publique et d’un grand nombre de politiques irrite particulièrement les autorités de l’État.

La délégation d’une trentaine de salariés venus soutenir leurs délégués syndicaux lors de ce comité de suivi en a fait les frais : « On n’a pas compris, il y avait, devant la préfecture quatre gardes mobiles pour un Kléber. Un déploiement de force inouï. Cela a particulièrement énervé quelques copains qui ont mis le feu à deux pneus devant la cathédrale de Nancy. Quatre d’entre eux ont été arrêtés, menottés comme de vulgaires délinquants et embarqués au commissariat. C’est dément », peste Pierre Kowalski. À l’annonce de l’arrestation de leurs collègues, les salariés de Toul ont immédiatement cessé le travail et ont brûlé une cinquantaine de pneus usagés devant l’usine. Avec le soutien de la population touloise.

Alain Cwiklinski

24 / 12 /07

Toujours plus de précarité,le patronat n’en démord pas .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 12:19

Travail . Le MEDEF cherche-t-il à faire échouer la négociation sur le marché du travail ? C’est ce que ne sont pas loin de penser les syndicalistes, qui commencent à perdre patience.

Le patronat a-t-il vraiment envie de conclure la négociation sur le marché du travail ? Alors que le gouvernement menace de reprendre la main si les discussions échouent début janvier, les syndicats se sont irrités vendredi d’un « recul » dans la négociation. Ils se sont demandé s’il fallait y voir une « provocation », à l’issue d’une séance qu’ils ont qualifiée de « tendue », « pénible », voire « proche de la rupture ».

les propositions patronales, un recul

La semaine précédente, les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) avaient dû négocier sans texte. Vendredi, la délégation patronale leur a fourni pendant la séance un texte qualifié de « transitoire ». La méthode a agacé certains syndicats (CGT, FO, CFTC), qui ont déploré que les précisions écrites portent principalement sur le volet de l’accord auquel le patronat tient le plus : l’allongement de la période d’essai, un nouveau mode de rupture « amiable » et un nouveau contrat de mission. Les syndicats, de leur côté, veulent créer de nouvelles sécurités, via notamment la transférabilité de certains droits d’un contrat à un autre ou entre deux contrats. Ainsi, le patronat a proposé une nouvelle proposition sur la période d’essai (lire ci-dessous). « Cela créerait un nouveau sas de précarité pour les salariés, c’est un recul, les propositions patronales nous éloignent un peu plus d’une possibilité d’accord », a déploré Maryse Dumas (CGT).

Le patronat « a été en très net recul », a déploré Gabrielle Simon, pour la CFTC. « Si c’est une technique de négociation, elle est très dangereuse », a-t-elle estimé, se demandant si le patronat ne faisait pas « de la provocation pour empêcher d’aboutir » et permettre au gouvernement « d’imposer par la loi des mesures refusées par les syndicats dans la négociation ». Elle a relevé « une certaine correspondance entre les propositions patronales et ce qui a été dit lors de la conférence sur l’agenda social 2008 (organisée à l’Élysée -- NDLR) : on supprime le collectif pour du gré à gré, on remet en cause la hiérarchie des normes ».

non à un accord de façade.
Même analyse chez FO et la CGT : « J’espère qu’on ne loupe pas le coche de la sécurisation des parcours des salariés, je n’aimerais pas aller à un accord de façade », a déclaré Stéphane Lardy (FO). « Le Père Noël est une ordure », a déclaré quant à elle Maryse Dumas (CGT), souhaitant que les fêtes fassent « réfléchir le patronat ». Pour la CFDT, Marcel Grignard, qui a jugé « concevable des allers-retours dans une négociation aussi difficile », a appelé le patronat à « abandonner les dispositions privi-légiant le gré à gré ». Il a jugé « inacceptable » la rédaction du texte sur la période d’essai.

Cathy Kopp, chef de la délégation patronale, s’est défendue de toute ma- ni-pulation : « Quand on construit, on ne fait pas tous les murs d’une maison en même temps », a-t-elle dit. Les syndicats ont aussi souligné les divergences très visibles au sein de la délégation patronale, notamment entre MEDEF et CGPME, et les effets secondaires du scandale UIMM. Un nouveau texte est attendu le 7 janvier avant une double séance marathon les 9 et 10 janvier.

Lucy Bateman

l’ Huma du 24 / 12 / 07