La « plus-value » des candidats communistes .
Marseille,
correspondant régional.
Pour la première fois depuis la mort de Gaston Defferre, en 1986, la gauche marseillaise se présente unie à un scrutin municipal. Le président socialiste du conseil général, Jean-Noël Guérini, a dans un premier temps rassemblé sa propre famille politique, avant d’élargir à des candidats issus des autres partis politiques, même s’il a posé, dès son acte de candidature à la mairie de Marseille, son refus d’« accords d’appareil ». Finalement, un terrain d’entente a pu être trouvé, notamment avec la fédération du PCF. En dehors de la LCR et des Alternatifs, qui forment l’ossature de la liste « Marseille contre-attaque à gauche », l’ensemble des forces organisées de la gauche a constitué les listes « Faire gagner Marseille ».
Si la partition est commune, chaque composante apporte sa note particulière. Ainsi, les candidats et militants communistes insistent sur la « dimension nationale » du scrutin marseillais. « L’enjeu local et l’enjeu national ne sont pas séparables. Qu’a fait Gaudin pendant treize ans, si ce n’est appliquer une politique de droite ? Et s’il devait y avoir un renforcement du vote de droite, la politique du gouvernement serait confortée », argumente Jean-Marc Coppola, secrétaire de la fédération et candidat en position éligible. Alors que Jean-Noël Guérini se cantonne à la dimension locale, « c’est aussi l’apport communiste que de souligner combien la politique de Sarkozy est néfaste », selon Frédéric Dutoit, maire du 8e secteur. « Notre argument, c’est de dire qu’il faut adresser un carton rouge à Sarkozy, poursuit Jean-Marc Coppola. Chez les salariés, dont la principale préoccupation reste le pouvoir d’achat, c’est entendu. »
Dans cette ville où le PCF fut la principale force politique jusqu’en 1981, le projet de la gauche a également bénéficié de cette « plus-value » communiste. « Il y a au moins trois grands dossiers sur lesquels notre apport a été important : les transports, le port et le logement », assure Frédéric Dutoit. Sur le premier dossier cité, celui des transports, c’est le sénateur communiste Robert Bret qui a été la cheville ouvrière de l’élaboration des propositions de la gauche parmi les plus ambitieuses (extension du métro jusqu’aux confins de la ville, navettes maritimes, création d’un syndicat mixte des transports, voies dédiées aux transports en commun sur les autoroutes, réduction du nombre de voitures de 25 % en cinq ans) du projet global. Concernant l’avenir du port de Marseille -- poumon économique de la ville avec ses 20 000 emplois -, Jean-Noël Guérini défend leur vocation industrielle alors que la municipalité sortante préfère jouer la carte de l’immobilier. « Pas un mètre carré de l’espace portuaire ne doit être ouvert à l’urbanisation ! » proclame le leader de la gauche, en écho aux positions du groupe communiste au conseil municipal.
Enfin, les communistes entendent renouveler les pratiques politiques, en créant, comme le souligne Jean-Marc Coppola, « des lieux de rencontres et de décision des citoyens. C’est la meilleure garantie de l’implication des Marseillais puis de l’application de notre programme ».
C. D.
l’ Huma du 04 / 03 / 08





