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12 mars, 2008

Nouveau record pour le CAC 40 en 2007 .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 21:59

Nouveau record pour le CAC 40 en 2007 : « La bourse ou la vie ? » -- Pour 100 milliards d’euros , les actionnaires ont choisi !

Mis en ligne : 12 mars

98 milliards d’euros de bénéfices : 2006 fut un très bon cru ! En 2007, la longue litanie des temps de disète financière s’affiche : croissance molle, dollars trop faible, crise des « sub-primes », pétrole trop cher, salariés coûteux et caisses de l’Etat vides laissaient présager de résultats bien ternes : « il n’en est rien » démentent les entreprises du CAC 40 et les actionnaires se frottent les mains.

En atteste le tableau ci-dessous :

Au-delà du commentaire par entreprise, ces résultats donnent le tournis jusqu’à l’écoeurement le plus complet : de restructurations en restructurations, de sacrifices des salariés en flexibilités toujours plus grandes, de salaires en bernes à l’explosion de la redistribution des bénéfices aux actionnaires, de la fin des investissements dans la recherche et le développement des entreprises… tout, absolument tout, est sacrifié aux logiques financières de court terme, irrationnelles et purement comptables !

Dans un rapport au Conseil économique et social intitulé « DYNAMISER L’INVESTISSEMENT PRODUCTIF EN FRANCE » le rapporteur M. Nasser Mansouri-Guilani dénonce la pression des logiques de court terme induite par la financiarisation moderne des entreprises : « La financiarisation nourrit la tendance à privilégier le court terme : la forte exigence d’obtenir de meilleures performances à brève échéance conduit les entreprises à chercher des rendements élevés, parfois aux dépens de l’investissement productif, afin de verser des dividendes aux actionnaires et à procéder à des opérations de rachat d’actions, entre autres, pour prémunir l’entreprise contre des Offres publiques d’achat hostiles. L’innovation et l’investissement productif, y compris dans les capacités humaines, sont alors relégués au second plan. Ainsi, en France, en 2006, pour 1 euro dépensé au titre de FBCF au niveau de l’ensemble des sociétés non financières, toutes tailles confondues à l’exception des entreprises individuelles, pratiquement autant a été versé aux actionnaires. Comme le souligne Claude Bébéar, le principal problème du système économique actuel est « le divorce dangereux et croissant entre l’économie réelle -- de moyen et long terme -- et l’économie financière – courttermiste » »

L’idéologie actuelle du tout financier, la dictature du « courttermisme » , si elle est indigne d’une société qui se veut moderne, rationnelle et solidaire, ne peut plus aujourd’hui demander de nouveaux sacrifices à la population, bien au contraire il faut changer ce système qui n’entraîne qu’épuisements des ressources, concentrations des richesses, et avilissements des populations mondiales.

Devant l’insolence de ce nouveau record, se poser la question aujourd’hui de « la bourse ou la vie ? » devient plus qu’une nécessité : elle devient une révolte.

Supplément de travail et de colère dans les bahuts .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 5:03

Éducation . L’augmentation des heures supplémentaires dans les collèges et les lycées aiguise une tension déjà forte chez les enseignants.

Il ne suffisait pas qu’on leur supprime des postes. Il fallait, en sus, qu’on leur impose de parer au déficit. À mesure que les établissements prennent connaissance des crédits qui leur seront accordés l’an prochain, les enseignants font entendre leur colère. Des grèves éclosent en Midi-Pyrénées. Dans les Alpes-Maritimes, près de la moitié des collèges et lycées ont déjà rejeté, en conseil d’administration, le budget proposé par le rectorat. En Région parisienne, la gronde, éparse, perçue à l’orée des vacances d’hiver, promet de renaître avec la reprise des cours. Les syndicats, enfin, appellent à une grève nationale le 18 mars.

AUGMENTATION

DES QUOTAS d’HEURES

SUPPLÉMENTAIRES

La baisse des dotations globales horaires (DGH), bien sûr, est en cause, quand certains bahuts se font sucrer plusieurs dizaines d’heures de cours par semaine. Mais à cette privation, chronique depuis quatre ans, s’ajoute une donnée nouvelle : les heures supplémentaires, dont les quotas augmentent en même temps que les postes disparaissent. « À la rentrée 2007, la dotation accordée à notre lycée imposait 200 heures supplémentaires. Cette année, elle en impose 317 », explique Mireille Bournot, prof de mathématique au lycée Jean Macé de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Dans le même temps, 7 postes risquent de sauter, voire 8, selon les scénarios qu’avançait le rectorat avant les vacances. « Il est question de n’avoir plus que 11 profs de maths au lieu de 12, illustre l’enseignante. Mais le nombre de classes et d’élèves ne change pas. » Aux profs encore en poste, donc, de compléter la différence, via les heures supplémentaires.

À l’échelon national, l’affaire n’est pas franchement une surprise. Le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Éducation l’ont tous répété : les enseignants devront participer à l’effort exigé dans le cadre de la réforme de l’État. Accouplée au « Travailler plus pour gagner plus », la consigne accouchait, en novembre, d’un budget 2008 actant le non-remplacement de 11 200 départs en retraite, dont près de 3 500 devaient être compensés par des heures supplémentaires.

Mais il en va des coupes budgétaires comme des baffes : ce n’est pas la menace qui fait le plus mal, c’est le coup. L’amertume est d’autant plus sévère que ce tour de bonneteau gouvernemental ne cherche pas à masquer sa carte : l’économie, vaille que vaille. Car si la baisse du nombre d’élèves sert souvent de justificatif à la suppression de postes, l’inverse n’est pas automatique. Le collège des Vallées du Paillon de Contes, dans les Alpes-Maritimes, devrait ainsi gagner 2 classes supplémentaires du fait d’effectifs à la hausse. « Mais sur les 51 heures de cours accordées en plus, 30 sont des heures supplémentaires, explique Alain Galan, prof de technologie et secrétaire départemental adjoint du SNES-FSU. Ils manipulent la conscience professionnelle des collègues : ils savent qu’on ne laissera pas nos élèves sans cours. »

La conscience des profs ne sera pas seule en jeu. Le besoin d’augmenter leur pouvoir d’achat devrait, lui aussi, en inciter beaucoup à faire le pas. Alors que certains ont d’ores et déjà signé des pétitions par lesquelles ils s’engagent à ne pas accepter ces heures sup, la mesure risque de diviser les enseignants.

Une autre pourrait les réunir malgré eux : la transformation de leur statut. Engagée cet hiver avec les travaux de la commission Pochard, elle doit être achevée d’ici juin. Actuellement, les profs ne peuvent se voir imposer qu’une seule heure supplémentaire par semaine. Est-il vraiment osé de prédire que ce nombre sera revu à la hausse ?

Marie-Noëlle Bertrand

l’ Huma du 10 / 03 / 08

Licencié pour une poignée de main refusée .

Classé dans : Non classé — domikpcf @ 4:46

Répression . Un délégué CGT de Peugeot Motocycles licencié pour ne pas avoir salué ses collègues.

Correspondance particulière.

Les heures de gloire de l’antisyndicalisme dans l’entreprise Peugeot semblent être de retour. Vendredi matin, Emmanuel Guillier, délégué CGT de Peugeot Motocycles (PMTC) à Mandeure (Doubs), a été convoqué par sa direction à un CE extraordinaire pour évoquer son licenciement au motif qu’il aurait craché par terre et qu’il n’aurait pas serré la main à d’autres salariés. Depuis un certain incident au dernier Salon de l’Agriculture, ne pas saluer quelqu’un constituerait-il un délit ? Toujours est-il que ce geste de mécontentement vaut à Emmanuel Guillet une plainte en bonne et due forme à la gendarmerie du secteur de la part de deux collègues de travail. La direction met donc en avant cette procédure pour justifier ce licenciement en pointant « son comportement, son attitude provocante, ses insultes » en excluant tout rapport avec le conflit dur mené par la CGT qui refuse toujours toute renégociation des 35 heures dans l’entreprise.

Parmi les salariés, la consternation est à son comble : « C’est une mascarade. Ce sont des méthodes d’un autre âge. On retrouve notre patronat des années 1970. En s’en prenant de cette façon à Manu, la direction tente de faire taire les salariés qui se sont mobilisés dernièrement pour la sauvegarde de leurs 35 heures », pestent, en choeur, des salariés réunis devant l’entreprise. Lors de ce comité d’entreprise extraordinaire où le licenciement d’Emmanuel Guillet a été examiné, la CGT, la CFDT et FO ont voté contre alors que la CGC s’est abstenue. Un résultat insuffisant pour contrer cette procédure. Didier Salvador, représentant CGT au CE de PMTC, ne cache pas son dégoût : « Comme par hasard, les huit témoignages sont ceux de huit salariés qui ont tenté de briser la grève. Ces personnes ont été parmi les plus provocantes lors du conflit contre le retour aux 39 heures. La seule chose que l’on puisse reprocher à Manu, c’est d’avoir refusé de serrer la main à des briseurs de grève. Il l’a admis. Mais il en a tout de même le droit ! »

Emmanuel Guillier est victime depuis plusieurs mois d’un bon nombre de provocations de la part de sa hiérarchie. Fer de lance de la mobilisation salariale contre les délocalisations en Chine de certaines productions de scooters et, en février dernier, contre le retour des 39 heures dans l’entreprise, il a reçu une abondante correspondance de sa direction le mettant en garde contre d’éventuelles sanctions. La CGT a, par ailleurs, engagé une procédure judiciaire contre la direction pour « harcèlement vis-à-vis de leur collègue ». Vendredi soir, 320 salariés du site de Mandeure avaient signé la pétition de soutien à « Manu ». Le maire PS d’Audincourt, Martial Bourquin, a lancé un appel aux élus de la région pour qu’ils rejoignent une chaîne de solidarité destinée à faire pression sur les instances qui devront se prononcer les prochains jours sur le licenciement d’Emmanuel : « Dès aujourd’hui, j’écris au directeur régional de l’inspection du Travail pour lui dire que s’il donnait suite à cette procédure, ce serait une véritable injustice. Dès aujourd’hui, je demande aux maires du Pays de Montbéliard d’adhérer au comité de soutien de Manu. Nous sommes face à des briseurs de vie. La réponse doit être à la hauteur de cette attaque. » Une première réponse devrait être donnée aujourd’hui par les salariés de Peugeot Motocycles solidaires d’Emmanuel selon une forme restant à déterminer.

Alain Cwiklinski

l’ Huma du 10 / 03 / 08