Victoire pour les salariés polonais de VOS, Victoire pour la CGT de Cegelec, Victoire contre les directives antisociales de Bruxelles !
Montoire de Bretagne à quelques kilomètres des chantiers navals, 19 mars 2008, il est 22h00 quand un accord est signé entre la Direction de Cegelec Ouest qui avait mandaté le directeur de Cegelec Tecnav, et les 71 salariés polonais de l’entreprise sous-traitante VOS assistés par la CGT de Cegelec TECNAV.
Le Marathon de la journée des camarades de la CGT Tecnav, pour arracher le paiement des salaires dus aux salariés polonais de VOS, a commencé dés le matin à 8h30, afin de préparer au mieux cette négociation qui a eu lieu dans le cadre d’une réunion extraordinaire du Comité d’Etablissement.
Au même moment à Nanterre, la délégation de l’Union Nationale (en réunion) faisait une déclaration sur cette situation, en demandant à la DRH de l’UES de se positionner sur cette affaire, la réponse de la DRH fût : « la direction du groupe s’est emparée de ce problème qui ne nous concerne pas directement, nous avons payé nos factures à VOS ». Et l’après midi, cette situation était aussi évoquée en comité européen à la direction du groupe Cegelec qui d’ailleurs, est aussi (le hasard n’existant pas ?) l’ancienne direction des Chantiers aujourd’hui Aker Yards mais hier Alstom Marine. « De partout, ça commençait à péter ! »
Cegelec pour tenter de faire table rase des magouilles, a fait écrire dans le protocole qu’elle ne reconnaît aucun lien salarial et social entre les salariés de VOS et Cegelec ; que toutes les factures VOS ont été réglées ; qu’elle est entrée dans la négociation pour résoudre une situation économique catastrophique des salariés de VOS…
Cegelec qui fait du social-humanitaire ? Nous cherchons encore l’erreur !
En fait, Cegelec , qui refusait quelques jours plus tôt de rencontrer les salariés de VOS, a été mise sous pression par la montée en puissance de la lutte, par l’étalement des affaires dans les média et par les déclarations de la CGT de Cegelec, locale et nationale…
Pour ne pas que cette « histoire lui pète à la figure », par crainte des retombées sur le donneur d’ordres Aker Yards, emprunt lui aussi à une grève de la faim de travailleurs grecs, mais aussi par peur du scandale juridico-financier, la direction, dont les membres haut plus haut niveau, sont mêlés par leur histoire aux chantiers (la chute de l’échafaudage, la main d’œuvre exotique…) et qui ont aussi pour ami personnel, le Président de la République, ex ministre de l’économie au moment de la vente par Alstom, et la direction contestée des magouilleurs de l’IUMM … a quand même fini par recevoir une délégation de polonais avec un interprète, mais sans la CGT.
[Cegelec, c’est un panier de crabes : hier avec Alcatel puis Alstom, aujourd’hui avec LBO France, demain (Cegelec est à vendre) avec d’autres, Vinci, Bouyges, Eiffage… ou un autre fond d’investissement venu d’on ne sait où !]
Mais quand les salariés de VOS ont compris que Cegelec voulait une fois de plus les gruger en les renvoyant en Pologne sans garantie de paiement, ils ont refusé les propositions.
C’est ainsi que le travail collectif pour la revendication du paiement des salaires a commencé entre les salariés polonais de VOS et les camarades de la CGT, de Cegelec Tecnav en lien direct avec l’Union Nationale, de l’UL CGT et de l’USM CGT de St Nazaire.
Cegelec a implicitement reconnu ses torts, en versant les 155 000 € dus aux 71 salariés, des sommes (selon la période de présence sans salaire : de 1 semaine à 6 semaines) allant de 271 € à 4106 € (1an de salaire en Pologne).
Cegelec qui a écrit « n’avoir ni lien salarial, ni social » avec VOS, son sous-traitant polonais à St Nazaire, a donc payé les 155 000 € dus aux salariés. Cegelec a payé sur la base du droit français et ce, même si elle a fait inscrire dans le protocole « arrêt du mouvement social, pas d’action civile ou pénale individuelle ou collective à l’encontre de Cegelec Ouest, les sommes seront déclarées aux organismes sociaux et fiscaux compétents en Pologne».
Et pour conclure, Cegelec a pris à ses frais le rapatriement des collègues qui auront désormais toute possibilité d’attaquer leur employeur devant la justice polonaise, il y aura-t-il encore la découverte d’un nouveau « pot aux roses » ?… à suivre !
La CGT vient d’obtenir une véritable victoire qui ne peut que nous renforcer face aux ’abus de la sous-traitance à bas coût venue des pays intégrés à l’union européenne et autres.
Dans quelques semaines d’autres travailleurs viendront déployer leurs compétences sur le chantier du LMJ de Bordeaux ou autres grands chantiers à venir.
La CGT de Cegelec restera vigilante sur cette pratique du dumping salarial et antisocial, mais aussi pour lutter contre les dérives réactionnaires que les patrons tentent de mettre en place avec l’aide des directives venues de Bruxelles.
Nous exigerons, comme à St Nazaire au chantier naval d’ Aker Yards, que le Code du Travail et les Conventions Collectives, que les droits élémentaires des travailleurs, quels qu’ils soient, soient respectés partout et sans réserve.
De : Union Nationale CGT Cegelec et filiales
samedi 22 mars 2008
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