Le gouvernement ponctionne la SNCF .
Résultats . L’entreprise publique, qui a réalisé un bénéfice de 1,042 milliard d’euros en 2007, va reverser 130 millions d’euros à l’État.
Le groupe SNCF a réalisé un bénéfice de 1,042 milliard d’euros en 2007. Un résultat « sans précédent dans l’histoire » de la SNCF, a commenté mardi, lors de la présentation de ses comptes, son nouveau président Guillaume Pepy. Les indicateurs financiers sont en effet au beau fixe. Le chiffre d’affaires a progressé de 8 % et atteint 23,7 milliards d’euros. L’endettement de 4,5 milliards d’euros atteint un niveau historiquement bas. Pour expliquer ces bons résultats, la direction de l’entreprise souligne la progression de l’activité. Le transport voyageurs a en effet encore contribué fortement à la progression du chiffre d’affaires. La SNCF met également en avant l’amélioration de la situation des activités déficitaires. Ainsi le fret a enregistré l’année dernière une perte de 234 millions d’euros contre 290 millions l’année précédente. Une analyse contestée par les syndicats. Dans un communiqué, les administrateurs CGT attribuent également la progression du résultat à « la maîtrise des coûts avec la suppression de 2 500 emplois et à la pression sur le pouvoir d’achat des cheminots ». L’augmentation de 2 % de la masse salariale en 2007 et surtout la progression de l’excédent brut d’exploitation (plus 15 %) supérieure à celle du chiffre d’affaires (plus 8 %) confortent ces critiques. Quant à l’amélioration des résultats du fret, elle reste pour l’essentiel financière. La CGT fait ainsi remarquer que la suppression de 1 099 emplois dans l’activité a occasionné à elle seule une économie de 51 millions d’euros. La décision du conseil d’administration de verser un dividende de 130 millions d’euros provoque l’ire de la première organisation de cheminots qui dénonce « une ponction qui accentue le désengagement de l’État ». Et la CGT de revendiquer « le réinvestissement de ces 130 millions d’euros dans le service public ».
Pour les années à venir, le président de la SNCF a fait part de sa volonté de relancer l’activité fret et le RER. L’entreprise va également investir 3 milliards d’euros dans le réseau d’Île-de-France. Concernant la politique salariale, Guillaume Pepy souhaite « faire germer l’idée de participation auprès des cheminots » et affirme ne pas « être opposé » à y consacrer un montant équivalent au dividende de l’État. Reste que les organisations syndicales demeurent majoritairement opposées à la participation lui préférant des revalorisations salariales pour l’ensemble des agents. Hier après-midi, la CGT a d’ailleurs revendiqué une nouvelle fois l’ouverture immédiate de négociation salariale.
Pierre-Henri Lab
l’ Huma du 21 / 03 / 08




