RER,même galère pour les agents et les usagers .
Conditions de travail, effectifs et rémunérations ont motivé hier les mouvements sur les lignes A et B du RER. Sur la ligne B, les salariés ont décidé la reconduction de la grève.
Un million de voyageurs à transporter chaque jour, le quotidien de la ligne A du RER n’est pas « galère » uniquement pour les usagers. Les conditions de transport déplorables pèsent également sur les salariés de la RATP. Quand s’accumulent les retards, ce sont aussi les amplitudes des journées de travail des conducteurs qui s’étendent. Au cœur du mouvement actuel des lignes A et B du RER, il y a bien les conditions d’exploitation et surtout le manque d’effectifs. Pour la ligne A, le préavis de grève avait été déposé par la CGT, la CFDT, la CFTC, FO, les indépendants, SUD et l’Unsa. Les revendications portent sur les effectifs, les rémunérations et les conditions de travail. La grève de vingt-quatre heures, très suivie par les salariés, a entraîné une quasi-paralysie du trafic puisque seule une rame sur dix a pu circuler. Le conflit de la ligne B est lié à l’harmonisation engagée depuis l’été 2008 pour la conduite des rames par les agents de la SNCF et de la RATP. Les deux sociétés gèrent ensemble cette ligne. Pour éviter un changement de conducteur à l’interconnexion de la gare du Nord, la plupart des trains sont désormais conduits par un « conducteur unique » de la SNCF ou de la RATP. Les syndicats CGT, FO et SUD du RER B appelaient hier à une grève reconductible pour obtenir l’intégration de la prime liée à la qualification accrue qu’entraîne la conduite sur l’ensemble de la ligne, dans le salaire de base. Lundi matin, les agents de la ligne B réunis en assemblée générale ont décidé à l’unanimité de reconduire leur mouvement pour aujourd’hui. Les organisations syndicales CGT, SUD et FO devaient être reçues par la direction lundi dans l’après-midi. Alors que le président du groupe UMP à la région, Roger Karoutchi, réclamait l’application du service minimum, Jean-Paul Huchon, président PS de la région Île-de-France, rappelait « qu’il revient aux entreprises de négocier avec leurs syndicats afin de gérer au mieux la formation et les conditions de travail de leurs agents ».
Olivier Mayer
l’Huma du 10 / 11 / 09






