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11 novembre, 2009

Régionales : le casse-tête de Simone Fayaud au PCF .

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Mardi 10 Novembre 2009

 

 


 

ÉLECTIONS RÉGIONALES. Elle est la seule élue régionale communiste à prôner l’option Front de gauche plutôt que le ralliement avec Ségolène Royal dès le premier tour

 

 

 


Simone Fayaud, secrétaire départementale du PCF  en Charente, se pliera au souhait des militants. (PHOTO Isabelle LOUVIER)
Simone Fayaud, secrétaire départementale du PCF en Charente, se pliera au souhait des militants. (PHOTO Isabelle LOUVIER)

Les communistes picto-charentais ont décidé de jouer l’originalité samedi, lors de leur conférence régionale : la majorité de leurs délégués se sont prononcés pour une union avec le PS dès le premier tour des régionales de 2010 sous l’égide de la présidente sortante Ségolène Royal. Un cas pour l’heure unique en France. Et qui va à contre-courant de l’offre de la direction nationale du PCF préconisant un rapprochement avec la gauche alternative, via le Front de gauche (voir notre édition d’hier, page Région).

Les délégués de la Charente-Maritime, qui représentaient à eux seuls la majorité des votants samedi, ont fait pencher la balance pour le mariage illico avec la dame du Poitou… Et les délégués de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente en ont été pour leurs frais. Seule des six élus communistes du Conseil régional à prôner l’option Front de gauche, la secrétaire départementale Simone Fayaud dit s’en remettre au vote des adhérents qui, les 19, 20 et 21 novembre, feront connaître leur choix définitif. Sachant que sur près de 2 000 adhérents communistes en Poitou-Charentes, environ 60 % dépendent de la fédération de Charente-Maritime.

« Sud-Ouest ».

Le résultat du vote des délégués régionaux du PCF, samedi, vous a-t-il surpris ?

Simone Fayaud. Non. Parce que les discussions ont montré en amont que les choses étaient tranchées, du moins en Charente-Maritime. Et dans la mesure où ce département pèse pour 60 % des délégués… Aujourd’hui, je prends acte du résultat du vote. Même si le débat n’est pas terminé puisqu’en dernier ressort, ce sont les militants qui trancheront.

Samedi, les délégués communistes du Poitou-Charentes ont été les seuls dans toute la France à demander l’union avec le PS dès le premier tour des régionales.

Comment l’expliquez-vous ?

Nous sommes dans une région particulière. N’oublions pas que Nicolas Sarkozy envoie l’un de ses ministres au combat. Les enjeux politiques sont importants, ici plus qu’ailleurs…

Vous qui plaidez pour l’option Front de gauche, la main tendue de Ségolène Royal vers le centre vous interpelle-t-elle ?

Cela me pose un problème de conscience. Ségolène Royal dit qu’il n’y aura pas d’accord de parti avec le Modem mais une ouverture vers des personnalités du centre. Il y a, dans cette position, au minimum, un manque de clarté de sa part… Et je n’ai pas eu plus d’éclaircissement du côté d’Europe écologie qui tend la main à des personnalités de droite, comme Corinne Lepage, et discute avec François Bayrou. Ce flou politique m’inquiète profondément…

La présence d’un Front de gauche au premier tour des régionales, avec en son sein un Parti communiste conservant sa propre identité, permettrait au moins de quantifier véritablement le poids d’une gauche qui plaide pour une politique radicalement alternative à la politique gouvernementale destructrice des acquis sociaux et démocratiques… Avec le Front de gauche, il s’agit de dépasser des modes d’union de la gauche qui n’ont pas permis, dans le passé, de changer la vie des gens. Ces élections régionales sont une occasion de dire pourquoi le PCF et le Front de gauche préconisent la rupture. Et, en tant qu’adhérente du PCF, je regretterais forcément que l’on perde cette occasion…

La gauche française, dans son histoire, s’est toujours construite sur deux socles, l’un social-démocrate et l’autre plus révolutionnaire. Cela n’empêche pas pour autant l’union : le PS n’est pas l’adversaire du Front de gauche et il n’y aurait eu aucune hésitation à militer pour l’union au second tour contre la droite, notre adversaire commun.

Malgré tout, si les militants vont dans le sens des délégués régionaux, y a-t-il un risque de scission au sein du Parti communiste ?

Non. il est clair que le vote des adhérents sera respecté. Aller au clash et s’asseoir sur le vote des adhérents communistes ne me paraît évidemment pas être la meilleure solution. Le débat politique va continuer quand même. On ne pourra pas faire l’impasse sur ce grand débat de fond…

Auteur : bertrand ruiz
b.ruiz@sudouest

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