JAMAIS NOUS NE TOLERERONS QUE SOIT ROGNE UN SEUL DES AVANTAGE DE LA SECURITE SOCIALE,NOUS DEFENDRONS A EN MOURIR ET AVEC LA DERNIERE ENERGIE CETTE LOI HUMAINE ET DE PROGRES (Ambroise CROIZAT)
Inauguration de la Place Ambroise CROIZAT dans le 14ème
« Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès. » Ambroise CROIZAT
Mercredi 2 décembre 2009 à 11h15
Intersection de l’Avenue Paul Appell et des rues Porto Riche et Monticelli , Métro Porte d’Orléans
Un lieu à Paris portera enfin le nom d’Ambroise Croizat, près de 60 ans après sa mort. Les communistes de la cellule Plaisance-Michelaere se félicitent de l’aboutissement d’une démarche qu’ils ont initié il y a plus de 3 ans avec Camille MARQUES, alors conseillère d’Arrondissement. Nous regrettons cependant la date choisie pour l’inauguration, une matinée de semaine, qui ne rend pas justice au grand dirigeant ouvrier, fondateur de la Sécurité Sociale.
Rappelons ce que Camille disait si justement aux élus du 14ème : « Rendre hommage à Ambroise Croizat, le métallo, le militant, le précurseur n’a pas de sens si l’on s’en tient à une célébration historique. Je vous le dis : pour moi, pour les communistes, pour l’immense majorité des travailleurs de ce pays, la sécurité sociale n’est pas un sujet de commémoration historique, c’est un sujet de lutte présent et à venir. L’attribution du nom d’une place à Ambroise Croizat n’a de sens que pour perpétuer ce combat ! « Prononcé par Camille Marques le 29 Mai 2006 au Conseil du 14ème Arrondissement
En ce jour symbolique, je suis heureuse de défendre le mémoire d’Ambroise Croizat, ministre ouvrier, fondateur de la Sécurité Sociale.
De son père, Ambroise Croizat apprend tôt le chemin de la lutte. Celui-ci est en effet l’organisateur de la première grève en Savoie, pour la reconnaissance du syndicat et la caisse de secours. Une grève pour le droit à la santé, pour la dignité ouvrière.
A 13 ans il est ajusteur et derrière l’établi résonnent les mots du père : « Ne plie pas, petit, marche dignement, le siècle s’ouvre pour toi »
Le chemin va s’ouvrir par une manifestation contre la boucherie de la grande guerre. Ambroise adhère à la CGT puis à la SFIO. Il est parmi les fondateurs du Parti Communiste en 1920 avec la majorité du congrès de Tours.
Antimilitariste, anticolonialiste, il devient, après un passage en prison, secrétaire à la fédération des métaux CGTU en 1927. Commence un long périple en France, où il anime les grèves de Marseille et de Lorraine, les comités de chômeurs de Lille ou de Bordeaux.
Sous le mot d’ordre du Front Populaire: « Pain, paix, liberté », Ambroise est élu député dans la deuxième circonscription de notre Arrondissement en 1936. À la tête de la fédération des métaux de la CGT réunifiée, et derrière les bancs de l’Assemblée, il impose la première loi sur les conventions collectives et négocie avec Benoît Frachon aux accords Matignon, les congés payés et les quarante heures.
Arrêté le 7 octobre 1939, avec d’autres députés communistes, avant même que soit proclamé le décret Sérol interdisant le PCF et punissant de mort toute propagande communiste, il est incarcéré à la prison de la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons françaises avant de connaître les procès truqués, la déchéance de ses droits civiques et les horreurs du sordide bagne à Alger jusqu’en Février 1943.
Quelques mois après sa Libération, en Septembre 43, il rejoint au nom de la CGT clandestine l’Assemblée Consultative crée en Afrique du Nord par le Général de Gaulle.
Il devient en 45 l’un des cinq ministres communistes appelés au gouvernement avec Charles Tillon, François Billoux, Marcel Paul et Maurice Thorez.
Parmi ses œuvres en tant que Ministre du Travail, citons entre autres :
- les Comités d’Entreprises,
- les Conventions Collectives ,
- les Allocations Familiales,
- la Médecine du Travail,
- avec Marcel Paul, le statut des mineurs, celui des électriciens et gaziers,
et bien sûr la sécurité sociale.
138 caisses de Sécurité sociale sont édifiées en deux ans par des ouvriers anonymes après leur travail ou sur leurs congés payés, ″pour en terminer, selon les mots du ministre, avec l’indignité des vies dans l’angoisse de l’accident, de la maladie, ou des souffrances de l’enfance″
En 1950, alors que la maladie le ronge, ses derniers mots à l’Assemblée nationale sont encore pour la Sécurité sociale : « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès. »
Aujourd’hui que sont gravement remis en cause, sauvagement attaqués tous ces droits, ces avancées de civilisation, les salariés, toutes générations confondues, savent en effet toujours se battre, et imposer certains revers aux serviteurs des intérêts boursiers, l’an passé contre le Traité « Constitutionnel » , cette année contre le CPE.
Un an jour pour jour après la grande victoire populaire contre les forces de l’argent, celles-ci qui prétendaient l’année dernière, comme il y a un siècle, réduire à toute force la dignité humaine au nom du marché et de la « concurrence libre et non faussée », il n’est sans doute pas inutile de lire et relire cet article du programme du Conseil National de la Résistance :
« Nous, combattants de l’ombre exigeons l’instauration d’une véritable démocratie sociale impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie et le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun. Nous revendiquons également le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers et la participation des travailleurs à la direction de l’économie »
C’est cette voie, celle d’Ambroise Croizat, de Raymond Losserand, de Marcel Paul, de Rol Tanguy, et de tant d’autres, résistants anonymes ou illustres, que les élus du Groupe Communiste prétendent suivre, dans le chemin des luttes, pour barrer la route à ces mêmes féodalités financières, ce grand capital, hier comme aujourd’hui fourrier de la misère, du fascisme et de la guerre.
Je vous demande, chers collègues, de voter ce vœu.
Ce vœu a été adopté à l’unaminité par le Conseil d’Arrondissement. Dimanche 4 juin 2006
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